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"Il faut des tests utilisables dans la forêt, dans les maisons..."

Pays : France, Sierra Leone

Tags : Bréchot, Pasteur, Ebola, task force

L'institut Pasteur se mobilise contre l'épidémie avec la création d'une task force (un détachement) dédiée à la lutte contre le virus Ebola. Son directeur général, le Pr Christian Bréchot, nous explique l'utilité et les missions de cette task force. L'interview de David Arnold.

Pourquoi la création de cette task force ?

 

Pr Christian Bréchot : On est dans une situation avec une épidémie très importante, une désorganisation totale de deux pays, des risques de disséminations dans les pays voisins, et le sentiment d'une épidémie que pour l'instant on n’arrive pas à contrôler. L'ins-titut Pasteur, c'est aussi un réseau de 32 institutions dans le monde, en particulier en Afrique occidentale. Avec cette task force, nous regroupons toutes nos forces, avec au sein de ces différents instituts, des personnes qui travaillent sur différentes thématiques, pour coordonner les actions sur Ebola. Par exemple, nous avons des instituts à Paris, à Dakar ou à Shanghai, qui travaillent sur d'éventuelles solutions thérapeutiques et vaccinales. Avec cette task force, l'Institut Pasteur place Ebola comme une priorité.

 

Et quelles vont être les missions de cette task force dans les semaines à venir ?

 

Pr Christian Bréchot : Il faut rappeler que c'est l'Institut Pasteur qui a identifié le virus à l'origine de l'épidémie, on est sur le terrain depuis plusieurs mois. La première action, ça va être de renforcer sur le terrain la formation des personnes au diagnostic. Car c'est un point clé de pouvoir détecter très rapidement les gens infectés. Deuxième mission : une série d'actions pour identifier de nouveaux vaccins, de nouveaux traitements, nous avons un certain nombre de pistes mais elles n'en sont encore qu'au début. Il y a un point fondamental dans cette task force. C'est que cette épidémie, on espère bien qu'elle va se terminer un jour. Ce qu'il faut c'est travailler sur le moyen et le long terme. Ne pas arrêter de travailler sur le virus, comme on l'a fait après les épidémies précédentes. Les groupes mobilisés vont continuer à travailler sur Ebola ou des virus proches qui pourraient surgir dans les années à venir. Donc c'est un effort global et coordonné sur le court mais aussi sur le moyen et le long terme.

 

Qu'est-ce qu'il faudrait maintenant pour améliorer la situation ?

 

Pr Christian Bréchot : Il y a certains outils à développer très vite comme les tests de diagnostic rapide. On a déjà un test qui permet d'identifier les personnes atteintes. Mais ces tests se pratiquent dans des labos. Ce qu'il faut, c'est de pouvoir disposer de tests ra-pides, utilisables, dans la forêt, dans les maisons, pour ne pas devoir revenir dans des centres spécialisés. On travaille là-dessus avec des groupes industriels et d'autres instituts de recherche. Mais je ne peux pas encore vous donner de délais sur la sortie de ces nouveaux tests

Dernière màj le 8 décembre 2016