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"Henry VI" de Shakespeare en Avignon

Pays : France

Tags : Avignon, Henri VI

Mise en scène par Thomas Jolly, la pièce de William Shakespeare est un marathon de 18 heures de théâtre qui se transforme en fête. Un travail magnifique. Reportage de Lionel Jullien.

"Henry VI" de Shakespeare en Avignon

J’ai commencé à faire mon métier sous Sarkozy, je n’ai pas goûté à cet avant qui était plus facile. Donc, je suis une machine de guerre.

Thomas Jolly, metteur en scène

Retenez donc ce nom de Thomas Jolly. A 32 ans, il a toutes les qualités d’un homme de théâtre, soucieux de son public, comme de ses acteurs, avec une énergie à toute épreuve et une humilité qui en serait presque désarmante. "J’ai commencé à faire mon métier sous Sarkozy, je n’ai pas goûté à cet avant qui était plus facile. Donc, je suis une machine de guerre. Je n’ai pas de temps, pas d’argent, je me débrouille.

 

Alors, il s’est donc débrouillé du "Henry VI" de William  Shakespeare.  Cela fait 10 ans qu’il y pense, et 4 ans qu’il s’est attelé à ce projet de monter ce texte dit "inmontable" à cause de sa longueur.

 

10000

vers retracent en 15 actes le règne de Henry VI. Le 21 comédiens de la troupe de théatre de Thomas Jolly se partagent les 150 personnages que Shakespeare a crée pour cette pièce.

 

"Henry VI", ce sont trois pièces, 15 actes, plus de 10 000 vers et 150 personnages qui retracent 50 ans de règne de cet enfant devenu roi à l’âge de 9 mois et couronné à même pas 10 ans.  
Assis sur le trône dans le désordre de la guerre de cent ans, "c’est un roi normal", comme le dit Thomas Jolly, "comme il existe un président normal", un roi balloté au gré des guerres fratricides entre les Grands du royaume. De la guerre de 100 ans à la guerre des deux roses ; "les Lancastre, la rose rouge, et les York, la rose blanche se courent après pour savoir qui va être roi ; Nous sommes alors à une époque où tout va basculer, un siècle en révolution."

 

Il fallait oser le mettre en scène "ce monstre", Thomas Jolly le fait avec le soutien d’un coproducteur engagé, le Théâtre National de Bretagne, et d’autres théâtres.


Au final, ce "Henry VI" est une fête… Un théâtre gracieux, délicat et fragile, qui menace presque à chaque instant de rompre. Mais rien n’y fait, le tout est précis, intelligent et soutenu par l’énergie et l’envie d’être de toute la troupe, d’être là sur un plateau (une petite cinquantaine de membres compose la ‘Piccola Familia’ dont 21 comédiens, Thomas Jolly compris).

 

"Henry VI", c’est à la fois une tragédie et du Grand-Guignol, du suspense, de l'émotion et des effets très spéciaux qui entraînent la foule des personnages dans une saga qui n’a rien à envier aux séries télés. Ainsi, pour "créer une frustration", on a placé les entractes aux moments "de plus fort suspense", comme les séries TV. Du coup, l’histoire est passionnante, et se comprend aisément.

 

Ce qui compte ici, c’est le seul plaisir du jeu et du théâtre. Celui d’entrainer une troupe et de passionner le public pour cette histoire.

 

 

En savoir plus:

-L'intégrale ne sera donnée que 3 fois cette année en Avignon, à partir du 21 Juillet, et jusqu’au 25, une fois à Rouen, le 20 juin 2015.

-Dans le cadre de Mettre scène, le TNB de Rennes accueillera la pièce en Novembre. Une tournée de deux ans est déjà prévue, avec des représentations étalées sur deux journées.

-Plus d’informations sur le site web du groupe de théâtre.

Dernière màj le 8 décembre 2016