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Grèce : vers un changement radical ?

Pays : Grèce

Tags : union européenne, crise, dette, Austérité, Syriza, Alexis Tsipras, antonis samaras

La troisième fois n’aura pas été la bonne. Le Parlement grec a échoué lundi dans sa nouvelle tentative d'élire le président de la République. Les parlementaires ont rejeté la candidature de l’ancien commissaire européen Stavros Dimas, précipitant ainsi l'organisation de législatives anticipées qui pourraient se dérouler dès le 25 janvier. En s’opposant à lui, les parlementaires ont surtout signifié leur refus de la politique d’austérité menée par le gouvernement de coalition du conservateur Antonis Samaras.

 

La perspective de législatives anticipées fait frémir les marchés et les créanciers du pays. Le FMI

 

"Les grecs ont perdu près de 40% de leur niveau de vie."
Voir l'interview de notre correspondante à Athènes, Adéa Guillot.

d’ailleurs immédiatement réagi en annonçant la suspension de son aide jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement. Et cette nouvelle équipe pourrait bien être dirigée par le parti de la gauche radicale Syriza. En effet la formation anti-austérité, en tête dans les sondages, espère bien gagner les faveurs d’une multitude de petits partis pour obtenir une réelle majorité au parlement. Si tel était le cas, le leader de Syriza, Alexis Tsipras,  ambitionne d’imposer une réduction de la dette grecque. 

 

Preuve que le scenario d’une gauche radicale au pouvoir est de plus en plus probable, ses adversaires se sont d’ores et déjà lancés dans une campagne de dénigrement à l’image de l’actuel ministre des Finances Guikas Hardouvelis qui brandi le spectre de la ruine des petits épargnants en cas de basculement. Samedi, dans une interview au quotidien Bild, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble avait aussi prévenu que « de nouvelles élections ne changent rien à la dette grecque » qui équivaut aujourd’hui à 175% de son PIB. Il a aussi mis les éventuels nouveaux maîtres d’Athènes devant leur responsabilités, à savoir selon lui de « respecter les accords pris par ses prédécesseurs ». . Lundi, le commissaire aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a lui appelé les électeurs grecs à "soutenir les réformes favorables à la croissance", jugées "essentielles pour que la Grèce prospère à nouveau au sein de la zone euro".

 

Pendant ce temps la situation grecque est toujours des plus précaires. Le pays ambitionnait de s'émanciper cette année de la de la troïka de ses créanciers (UE, FMI et BCE), engagés depuis 2010 à lui fournir 240 milliards d'euros de prêts en échanges de réformes drastiques. Mais la Grèce a été contrainte d’accepter un allongement des programmes d'aide jusqu'en février.

 

Dernière màj le 8 décembre 2016