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Grande-Bretagne : la campagne pour le maintien dans l'UE a commencé

Pays : Royaume-Uni

Tags : Referendum, Eurosceptique, Brexit

David Cameron l’avait promis lors de sa victoire aux législatives le 8 mai dernier : un référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne doit être organisé avant la fin de l'année 2017. Bien que la date exacte ne soit pas encore fixée et que le premier ministre soit toujours en train de négocier avec ses partenaires européens, la campagne pour ou contre le Brexit (contraction de "Britain" et "exit") a démarré tambour battant en Grande-Bretagne. Lundi 12 octobre, les partisans du maintien du pays dans l’Union ont lancé une campagne pluripartisane intitulée "La Grande-Bretagne plus forte en Europe". L’événement fait suite au lancement de deux autres campagnes qui prônent la sortie du pays.

 

Plus forts en Europe

 

Je ne permettrai à personne de me dire que je suis moins anglais parce que je crois que l’UE peut renforcer notre économie, notre sécurité et notre société"

Stuart Rose - 12/10/2015

"Je crois que nous sommes plus forts, plus riches et plus en sécurité dans l’Europe que nous ne le serions seuls", a énoncé Stuart Rose, lors du meeting de lancement de la campagne. C’est ici dans un quartier de l’est londonien que les partisans du maintien de la Grande-Bretagne dans l'Union se sont réunis le 12 octobre au matin. Qu’ils soient hommes politiques, chefs d’entreprises ou étudiants, ils se sont regroupés sous la bannière de "Britain Stronger in Europe", une campagne inter-partisane lancée en vue du référendum, dont le premier ministre David Cameron a promis la tenue d'ici fin 2017.

L’initiative est menée par Stuart Rose, un député conservateur siégeant à la chambre haute du Parlement et ancien président de Marks and Spencer. L’homme d’affaire a pourtant signé il y a quelques années une lettre appelant à des réformes aux côtés de "Business for Britain", une organisation qui soutient la sortie du pays. Aujourd'hui sa position a changé : "Je ne permettrai à personne de me dire que je suis moins anglais parce que je crois que l’UE peut renforcer notre économie, notre sécurité et notre société". Il énonce ainsi les trois arguments majeurs de la campagne selon lesquels le maintien dans l’UE assure une économie, une sécurité et un pouvoir de décision renforcés. Les partisans peuvent compter sur le soutien de plusieurs personnalités politiques, parmi lesquelles les anciens premiers ministres Tony Blair, Gordon Brown et John Major ainsi que l’ancien ministre travailliste Peter Mandelson.


La vidéo de Britain Stronger in Europe (en anglais) :

Vote Leave, en campagne pour la sortie de l'UE

Vote Leave veut mettre fin à la suprématie du droit communautaire et permettre au peuple britannique de reprendre le contrôle."

Kate Hoey - 12/10/2015

"Britain stronger in Europe" affronte deux autres campagnes favorables à la sortie de l'UE. La deuxième initiative inter-partisane "Vote Leave" a lancé sa campagne le 9 octobre dernier. Elle comprend des membres du Parti conservateur et du Parti travailliste. Les opposants au maintien du pays dans l’UE se sont rassemblés au sein de trois formations eurosceptiques : "Business for Britain", "Labour Leave" et "Conservatives for Britain".

Pour financer la campagne, trois multimillionnaires ont fait de généreuses donations. Paul Cruddas, John Mills et Stuart Wheeler ont donné à différents partis pour soutenir le non : leur contribution avoisine les quatre millions d’euros. La campagne peut compter sur le soutien de personnalités politiques comme l’auteur de romans policiers Frederick Forsyth ou encore l'ancien directeur des librairies Foyle, Christopher Foyle.

"Vote Leave" prône la sortie de l’UE pour "mettre fin à la suprématie du droit communautaire et permettre au peuple britannique de reprendre le contrôle", selon les mots employés par la député travailliste Kate Hoey, co-présidente de "Labour Leave", lors du meeting d’ouverture de la campagne.

La vidéo de Vote Leave (en anglais) :

 

Une double campagne pour le Brexit

Les conservateurs et les travaillistes eurosceptiques ont pris soin de ne pas s’associer à la campagne "Leave EU", une autre initiative lancée en septembre, et menée par le leader de l'Ukip Nigel Farage, critiqué pour ses positions xénophobes.  

La commission électorale britannique doit maintenant décider laquelle de ces deux initiatives dirigera officiellement la campagne du Brexit britannique en vue du référendum. Son choix est déterminé par le montant des dons perçus pendant la campagne électorale, qui ne doivent pas dépasser sept millions de livres en plus des subventions publiques à hauteur de six cents mille livres.

 

Pour convaincre les électeurs, chaque camp défend une série d'arguments "pour" ou "contre" la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne. Beaucoup d'entre eux concernent l'aspect économique : 

 

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Dernière màj le 8 décembre 2016