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François de Rugy nommé ministre de la Transition écologique

Pays : France

Tags : Politique

Le président de l'Assemblée nationale François de Rugy a été nommé mardi ministre de la Transition écologique et solidaire en remplacement de Nicolas Hulot, qui a démissionné la semaine dernière. L'ancienne nageuse Roxana Maracineanu est nommée ministre des Sports à la place de Laura Flessel, qui a annoncé son départ dans la matinée, a précisé la présidence.

Cette dernière, qui était avec Nicolas Hulot l'une des membres les plus populaires du gouvernement, a créé la surprise en annonçant dans un communiqué son départ du gouvernement "pour raisons personnelles", afin de renouer avec "des engagements passés, justement tournés vers l’humain, la solidarité et la coopération internationale""Elle veut retrouver sa liberté et agir différemment. Il n'y a aucun lien avec les questions budgétaires", a assuré l'entourage de Mme Flessel à l'AFP. Aucun autre changement au sein du gouvernement n'est annoncé avec ce remaniement, qui intervient une semaine après la démission surprise de Nicolas Hulot de son poste de numéro 3 de l'équipe dirigée par Edouard Philippe.

Âgé de 44 ans, M. de Rugy obtient pour la première fois un portefeuille ministériel. Ancien adjoint du maire de Nantes, il avait rompu en août 2015 avec EELV avant de soutenir Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle. Il préside l'Assemblée nationale depuis le début de la mandature.

Née le 7 mai 1975 en Roumanie, la nageuse Roxana Maracineanu est une ancienne championne du monde du 200 mètres dos. Elle s'était vu confier une mission pour réduire le nombre de noyades en juillet par le Premier ministre Edouard Philippe.

 
La fin du "mirage Macron" ?

C'est la démission fracassante de Nicolas Hulot, numéro 3 du gouvernement, qui a contraint l'exécutif au remaniement, le troisième de ce quinquennat, alors que celui-ci n'était pas attendu avant les élections européennes de mai 2019.

Le départ de Nicolas Hulot a contribué à bouleverser le retour de vacances d'Emmanuel Macron, déjà confronté à des sondages en berne après l'affaire Benalla, à une croissance moins solide que prévu et à des difficultés à mettre en œuvre les réformes prévues, comme celle des institutions. Les oppositions voient dans cette succession d'ennuis la fin du "mirage Macron": la cote de popularité du président chute de dix points selon un sondage Ifop mardi, avec seulement 31% des Français approuvant son action - moins que pour François Hollande (32%) au même stade.

 

"Amateurisme"

L'autre rendez-vous important de la journée à l'Elysée est la réunion sur le prélèvement à la source, prévue en fin de matinée autour d'Emmanuel Macron, d'Edouard Philippe et du ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin. L'enjeu est de décider si cette réforme historique de collecte des impôts entrera bien en vigueur le 1er janvier ou si elle sera de nouveau reportée, voire enterrée. Il n'est "pas sûr que [la réunion] soit décisionnelle", a prévenu une source gouvernementale.

Partisans et adversaires de la réforme se disputent sur les risques de bugs, son poids sur les entreprises mais aussi son impact psychologique sur les contribuables qui verront leur salaire net diminué du fait du prélèvement. Les Républicains (LR) ont brocardé "l'amateurisme au sommet de l'État" et réitéré leur appel à son abandon, également réclamé par La France Insoumise ou le Medef, qui plaide pour une "mensualisation généralisée".

Dernière màj le 4 septembre 2018