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France : la lutte contre les filières djihadistes s'intensifie

Pays : France, Allemagne

Tags : Djihad, Europe, Syrie, guerre

Malgré les frappes aériennes lancées par la coalition internationale, la violence de l'Etat Islamique ne diminue pas. Les djihadistes sont de tous les combats. Pour renouveler leurs rangs et trouver des volontaires, les recruteurs ratissent large et loin pour embrigader de nouveaux candidats, souvent jeunes, voire mineurs, prêts à partir à la guerre au nom de l'islam dans des pays étrangers, loin de chez eux. Selon les chiffres officiels de l'UE, ils seraient 3000, issus d'une quinzaine de pays européens à être partis en Irak et en Syrie depuis le début du conflit en 2011.

La radicalisation et la violence des images de propagande diffusées par l'EI inquiètent les autorités et les familles, impuissantes. En France, le nombre de ressortissants engagés aux côtés de l’Etat Islamique augmente. Mercredi 19 novembre, un deuxième Français a été identifié parmi les djihadistes ayant participé à la mise à mort de 18 Syriens et de l'Américain Peter Kassig. Originaire de Villiers-sur-Marne, dans la banlieue est de Paris, le jeune homme qui répond au nom de guerre d’Abou Othman s’est converti à l’islam avant de se rendre en Syrie à l’automne 2013. Il apparaît dans la vidéo de propagande de l’EI, aux côtés de Maxime Hauchard, l’autre djihadiste français de 22 ans déjà identifié.

 

Depuis la montée en puissance de l’organisation terroriste, plus de 1100 Français sont engagés dans les rangs de L’EI et 376 sont actuellement présents en Syrie et en Irak. 20% des djihadistes se sont converti à l'islam et la plupart sont recrutés sur internet.  À l'instar des Pays-Bas et du Royaume-Uni, les autorités françaises se sont engagées dans un plan de lutte internationale et entendent durcir le plan anti-filières djihadistes mis en place . En avril dernier, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait en effet listé une série de dix mesures, parmi lesquelles figuraient la création d'un numéro vert et la mise en place d'une plateforme de signalement sur Internet à destination des familles. Le ministre avait également annoncé la possibilité de retrait du passeport et le suivi systématisé des personnes impliquées dans les réseaux. Une partie de ces mesures a été validée en novembre par l'Assemblée nationale, qui a adopté un projet de loi de "lutte contre le terrorisme".  

Éxaminé en procédure accélérée, le projet instaure notamment un délit "d'entreprise terroriste individuelle", avec une interdiction de sortie du territoire des personnes suspectes, valable pour une durée de 6 mois, renouvelable jusqu'à deux ans. Les ressortissants européens ''présentant une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société'' peuvent également recevoir une interdiction administrative d'entrée sur le territoire. Le projet légalise également le blocage des sites internet prônant le terrorisme. 

 

De leurs côtés, les responsables politiques sont divisés sur le traitement à réserver aux djihadistes qui reviennent en France. Faut-il créer des centres de désendoctrinement, prévoir une justice d’exception ou empêcher leur retour ? Invité de France 2, Bernard Cazeneuve a rappelé qu'un suivi est prévu pour les ressortissants qui reviennent, incluant contrôle judiciaire et incarcération. 

 

Dernière màj le 8 décembre 2016