|

France-Allemagne : la difficile solution commune

Pays : Grèce

Tags : France, Allemagne, Grèce, crise

Après une longue réunion de l'Eurogroupe mercredi, il a été décidé que La Grèce avait jusqu'à jeudi pour faire de nouvelles propositions. Elles seront examinées lors d'un nouveau sommet qui réunira dimanche à Bruxelles les 28 dirigeants de l'Union. Mardi déjà François Hollande et Angela Merkel s'étaient longuement penchés sur le cas grec, faisant de leur mieux pour donner le sentiment que leur position était unie. Au sein de l'Eurogroupe, comme pour la France et l'Allemagne, se sont pourtant deux visions de l'Europe qui s'affrontent. De plus en plus antagonistes.

La balle est dans le camp grec

"La discussion reste ouverte, le gouvernement de M. Tsipras doit maintenant faire des propositions crédibles et sérieuses" a indiqué François Hollande lundi soir à l’issue de la conférence de presse. En attendant, Français et Allemands ont choisi de réagir à la crise grecque avec "solidarité" et "responsabilité". Les deux termes symbolisent leurs positions respectives, mais semblent difficiles à conjuguer. Renvoyer la balle au camp grec, et lui demander de nouvelles réformes, la tactique a permis au couple franco-allemand de se retrouver… du moins pour le moment. Car la trêve risque de ne pas durer. Les positions de Hollande et de Merkel sur la Grèce sont le reflet de deux visions opposées de l’Union Européenne.

 

Grexit

Alors depuis quelques jours la chancelière semble pencher pour un Grexit, tout comme la population allemande. Seulement 24% des Allemands s’inquiètent d’une sortie de la Grèce de la zone euro -selon un récent sondage publié par la chaîne ARD-, car pour une majorité de ces derniers "les Grecs seraient les premières victimes d’une telle situation" selon le Monde. Mais François Hollande y reste fermement opposé. En 2012, il déclarait par ailleurs qu’il voyait la zone euro comme "une zone d’intégration solidaire", précisant que la France était "pour l’intégration autant que celle-ci était nécessaire"

 

François Hollande, le médiateur incertain

Aujourd’hui, le président français oscille entre son désir de solidarité avec le peuple grec, et le camp allemand. Un numéro d’équilibriste qui lui a valu les foudres d’une bonne partie de la classe politique française. Pour les Verts et l’extrême gauche, il est bien trop proche d’Angela Merkel, pour les Républicains il ne l’est pas assez, et pour une majorité des élus PS, le chef de l’état devrait utiliser la crise grecque pour "devenir le pilier d’une Europe politique et solidaire".

 

Angela Merkel et François Hollande se sont à nouveau rencontrés ce soir à Bruxelles, après la réunion des membres de  l’Eurogroupe.  "Rien ne serait pire dans le moment actuel que d’apparaître désunis entre Français et Allemands" a déclaré François Hollande. En plus de la Grèce, c'est aussi l'Union Européenne qui traverse une crise inédite. 

 

Merkel et Hollande

 

 

Dernière màj le 8 décembre 2016