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États baltes : la peur de l'invasion

Pays : Lituanie

Tags : militaire, Armée, Russie

Depuis le déclenchement de la crise ukrainienne, les états baltes, voisins de la Russie, craignent une invasion. A l'image de la Lituanie, qui a notamment voté le retour du service militaire obligatoire.

 

La Lituanie se méfie. Depuis quelques mois, les manoeuvres militaires russes se sont intensifiées, notamment dans l'enclave de Kaliningrad, qui borde l'ouest du territoire. Répétitions avant l'invasion ou simples tentatives d'intimidation ? Quoi qu'il en soit, les Lituaniens s'organisent. Le 19 mars 2015, le Parlement a voté le retour du service militaire obligatoire pour tous les jeunes de 19 à 26 ans. Le ministère de la défense est même allé jusqu'à distribuer des manuels de survie dans tous les établissements scolaires du pays.

Plus au nord, l'Estonie et la Lettonie affichent les mêmes craintes. En décembre 2014, les états baltes ont décidé d'augmenter leur budget de défense et réalisé plusieurs acquisitions militaires. Tallin (Estonie) a dépensé environ 180 millions d'euros pour des véhicules de combat et des systèmes de missiles. De son côté, Riga (Lettonie) a passé commande d'armements pour une valeur d'environ 50 millions d'euros.

L'OTAN à la rescousse

La peur de l'invasion russe trouve notamment ses racines dans l'histoire de ces trois républiques. Démocraties récentes et de petite taille, elles ont pendant des siècles subi l'influence de l'Empire voisin, notamment au cours de la période soviétique, entre 1945 et 1991. Une sensation de vulnérabilité renforcée par la tournure prise par la crise ukrainienne. Beaucoup de Baltes redoutent que Moscou n'utilise, comme en Crimée, la présence de minorités russophones pour justifier une occupation voire une annexion. 

Les déclarations publiques des dirigeants locaux n'arrangent pas les choses. En janvier 2015, comme le rappelle le journal Le Monde, la première ministre lettone, Laimdota Straujuma, affirmait que la Russie employait d'ores et déjà « des éléments  de guerre hybride » contre son pays. Un mois plus tard, l'ancien secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, estimait qu'il y avait « de fortes probabilités que Poutine intervienne dans les pays baltes pour mettre à l'épreuve la solidité de l'article 5 » de l'organisation, qui oblige les États membres à défendre l'un des leurs qui serait agressé.

Par précaution, et aussi pour rassurer la population, 3 000 soldats américains ont d'ailleurs été déployés dans la région en mars 2015, pour trois mois de manoeuvres militaires. Un déploiement qui a semblé réjouir Nils Usakovs, le maire de Riga, la capitale lettone. Le 9 mars, à l'arrivé de 120 véhicules blindés dans le pays, l'édile a posé souriant pour un selfie, avec un char en arrière plan.

Franck Berteau

 

Dernière màj le 13 janvier 2017