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Etat d'urgence en France, après des attaques terroristes à Paris

Pays : France

Tags : Paris

Plusieurs attaques à Paris et dans le secteur du Stade de France ont fait vendredi soir au moins cent vingt huit morts et deux cents cinquante blessés, dont près de cent sont dans un état grave. La fusillade la plus meurtrière a eu lieu au Bataclan, une salle de spectacle du centre de la capitale, dix mois après les attentats de janvier. Au Stade de France, où se déroulait un match amical France-Allemagne, le président François Hollande, qui assistait à la rencontre avec le ministre des Affaires étrangères allemand, a été évacué avant la fin de la rencontre. Le chef de l'Etat a annoncé la fermeture des frontières et décrété l'état d'urgence, une première depuis 2005.

A Paris, la préfecture de police dénombrait "six fusillades", notamment rue Bichat (Xe arrondissement), rue de Charonne (XIe arrondissement) et dans la salle de spectacle du Bataclan (XIe arrondissement), où une prise d'otages a eu lieu en plein concert de rock. L'assaut a été donné par les forces de l'ordre peu après minuit. Il y aurait au moins quatre-vingt deux morts. 

 

 

"Des attaques terroristes sans précédent" à Paris

A 23 heures 53, le président François Hollande a pris la parole dans une courte allocution, annonçant la mis en place d'un état d'urgence sur l'ensemble du territoire et la fermeture des frontières, après des "attaques terroristes sans précédent" à Paris et déclaré que "face à l'effroi, il y a une Nation qui sait se défendre et qui saura faire face". Un Conseil des ministres exceptionnel a commencé peu après minuit, juste après l'allocution présidentielle. 

 

"Nous sommes aux côtés de la France !"

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, s'est dit "horrifié et bouleversé" par les attaques simultanées vendredi soir à Paris, selon le compte Twitter du ministère. "Nous sommes aux côtés de la France !", a poursuivi le chef de la diplomatie allemande, qui se trouvait au Stade de France (nord de Paris) aux côtés du président français François Hollande pour assister à la rencontre amicale de football France-Allemagne.

 

 

La chancelière Angela Merkel s'est quant à elle déclarée "profondément choquée" par les attaques "à l'évidence terroristes" de Paris. Le premier chef d'Etat à réagir officiellement a été Barack Obama qui a dénoncé "une attaque contre toute l'humanité et nos valeurs universelles".

 

Attaques simultanées

Le bilan de ces attaques simultanées reste provisoire et "devrait être beaucoup plus lourd", ont indiqué plusieurs sources proches du dossier. Les attaques auraient été menées sur six points différents. De nombreuses équipes de secours ont été déployées et des périmètres de sécurité mis en place. Ces attaques surviennent dix mois après les attentats jihadistes de janvier contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo et un supermarché casher à Paris, qui avaient fait 17 morts et ont été suivis de plusieurs autres attaques ou tentatives.

La dernière en date s'était produite le 21 août à bord d'un train à grande vitesse Thalys entre Bruxelles et Paris.
Avant cela, en juin, un homme avait décapité son patron puis, après une mise en scène macabre sur fond de drapeaux islamistes, tenté de faire exploser une usine de Saint-Quentin-Fallavier (Isère). En avril, Sid Ahmed Ghlam, étudiant algérien soupçonné d'avoir tué une jeune femme, était arrêté en possession d'armes de guerre, alors qu'il préparait un attentat contre une église de Villejuif (banlieue sud de Paris).

 

Un contexte de menace terroriste

Mi-octobre, dans un discours aux forces de sécurité, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait estimé que 1.800 Français ou résidents en France étaient "de près ou de loin concernés par des activités à caractère terroriste".
Depuis les attentats de janvier, le plan Vigipirate est à son niveau maximum en Ile-de-France. Une mission de sécurité intérieure associée à ce plan est assurée sur tout le territoire par l'armée sous le nom d'opération Sentinelle.
La France participe depuis plus d'un an à la coalition anti-Etat islamique en Irak mais n'a commencé à mener des frappes sur la Syrie que depuis octobre.

Elle a annoncé le 5 novembre qu'elle allait à nouveau déployer courant décembre dans le Golfe son porte-avions Charles de Gaulle, une décision suivant une annonce américaine d'une prochaine intensification des bombardements alliés en Syrie. Dans ce contexte de "menace terroriste", Paris a décidé de rétablir un contrôle aux frontières pendant un mois, à partir de ce vendredi, à l'occasion de la conférence de l'ONU sur le climat (COP21) prévue du 30 novembre au 11 décembre au Bourget (banlieue nord).

 
Dernière màj le 8 décembre 2016