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Espagne - La publicité au secours des cinés

Pays : Espagne

Tags : Fréquentation des salles, Cinéma, Théâtre

Depuis quelques années, Madrid voit mourir ses théâtres et ses cinémas. Pour tenter de les sauver, la mairie de la capitale espagnole vient d'autoriser la diffusion de publicités sur les écrans géants de leurs façades.

Trois salles dans le centre-ville de Madrid : voilà tout ce qu'il reste aux amateurs de cinéma pour aller voir les films. Confrontés à une baisse de leur fréquentation, et donc de leurs recettes, les lieux de diffusion du septième art de la capitale espagnole ferment les uns après les autres. Pour tenter de les sauver, la municipalité a décidé en avril 2015 de les autoriser à diffuser sans restrictions de la publicité sur les écrans géants qui habillent leurs façades, comme le rapporte Courrier International.

Survivre grâce aux revenus des réclames, l'initiative des cinémas madrilènes date de 2011. À l'époque, Gerardo Baranowski, propriétaire de Cines Callao et du Palacio de la Prensa, deux cinémas de la Gran Via, l'avenue principale de Madrid, avait convaincu la mairie d'installer des écrans à l'extérieur de ses bâtiments, raconte El País. « Cela a coûté une fortune [une dizaine de millions d'euros], mais vu que le cinéma ne rapporte rien... », expliquait-il alors.

Auparavant, les autorités locales ne permettaient aux cinémas que de diffuser des publicités statiques et des annonces promotionnelles pour les films ou les concerts. Des restrictions désormais levées. Les établissements pourront avoir recours à des clips publicitaires, agrémentés d'effets sonores, une fois vérifiée que « l'émission dynamique d'images n'a pas d'impact négatif sur les passants et sur la circulation », précise la municipalité.

Une vie culturelle en danger

« En définitive, l'objectif est que les cinémas avec lesquels tant de Madrilènes ont grandi ne ferment pas », résume El País. Depuis quelques années, les habitants de la capitale espagnole assistent impuissants à l'appauvrissement de l'offre culturelle locale. La faute notamment à l'ancien maire de Madrid, Alberto Ruiz-Gallardón, qui avait permis en 2004 aux propriétaires de salles de transformer leurs établissements ruineux en appartements ou en commerces. Trente cinémas ont fermé depuis lors.

La situation touche également les théâtres, qui ne sont plus qu'au nombre de trois dans les rues du centre-ville. « Il y a eu une époque où l'ouverture de théâtres compensait la fermeture de cinémas, mais aujourd'hui, la situation s'est détériorée », constate la municipalité. Des théâtres qui auront désormais le droit, eux aussi, de miser sur les écrans publicitaires géants pour continuer d’accueillir le peublic.

Franck Berteau

 

Dernière màj le 8 décembre 2016