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Espagne – Franco et ses fantômes

Pays : Espagne

Tags : Franco, Franquisme, Monarchie, dictature

Alors que le dictateur est mort depuis quarante ans, certains espagnols continuent de demander justice pour les crimes qu’il a commis.

Le 20 novembre 2015, cela a fait quarante ans que Francisco Franco est décédé, rongé par la maladie de Parkinson. Quarante ans que de nombreux espagnols s’échinent à demander justice pour les crimes que le « Caudillo » a orchestrés, tout au long de sa dictature, de 1939 à 1975. Ce jour-là, dans les rues de Madrid, plus d’un millier de personnes ont défilé derrière la banderole : « L’impunité franquiste, ça suffit ! ». Parmi elles, beaucoup de personnes âgées arboraient sur une pancarte le nom d’un parent victime du franquisme. Les manifestants réclamaient l’abrogation de la loi d’amnistie de 1977 qui empêche les poursuites judiciaires contre les auteurs d’atteintes aux Droits de l’Homme lors de la guerre civile espagnole puis sous le régime militaire.

Selon l’AFP, reprise par le journal La Croix, les manifestants exigeaient également l’application de la Loi de mémoire historique, votée en 2007 par un gouvernement socialiste, mais restée lettre morte depuis l’arrivée au pouvoir du conservateur du Parti Populaire (PP) Mariano Rajoy, en 2011. Le texte prévoit, entre autres, la suppression de symboles franquistes encore existants  : rues, monuments, inscriptions… le dictateur hante encore le pays. Il propose également une aide aux familles qui souhaitent retrouver les restes de leurs aïeux enterrés dans des fosses communes.

Ne pas « rouvrir les blessures du passé »

Pour justifier son inertie, le leader du PP prétend refuser de « rouvrir les blessures du passé » en revenant sur l’amnistie. Au début du mois de novembre 2015, ce dernier s’était même vanté : « Le montant alloué à la Loi sur la mémoire historique a été de zéro pendant chacun des budgets présentés par ce gouvernement. Vous entendez : zéro! »

L'anniversaire de la disparition de Franco n'a pas été célébré par les principaux partis politiques. Seuls de petits partis d'extrême droite, espagnols, italiens, français ou encore russes sont parvenus à rassembler dimanche 20 novembre 2015 quelque 200 personnes sur une place de Madrid pour évoquer une période « en comparaison avec laquelle la nôtre parait bien noire », selon les termes de Manuel Canduela, président de Démocratie nationale, qui revendique 3 000 militants en Espagne. Plusieurs autres petites manifestations de nostalgiques du régime ont eu lieu fin novembre 2015 en Espagne.

 

Dernière màj le 8 décembre 2016