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Embargo russe, la pomme de discorde

Pays : Union européenne, France, Allemagne, Russie

Tags : Exportation, Importation, Embargo, agriculture

Les sanctions de la Russie, imposées pour un an, risquent d'engorger l'espace communautaire qui perd un débouché important dans le secteur agricole. Ce pays absorbe ainsi 10% des exportations agricoles et agroalimentaires de l'UE, pour un montant de 12 milliards d'euros par an. L’Allemagne et les Pays-Bas figuraient en 2013 parmi les principaux fournisseurs de la Russie, qui importe 35% de sa consommation alimentaire. Paris a expédié l'an passé 1,17 milliard d'euros de produits agro-alimentaires dont 26 millions en fruits.

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La Russie, exportatrice de céréales, reste fortement importatrice de légumes et fruits et de produits transformés tels que la viande et les produits laitiers. Fruits frais, fromages ou porc représentent un volume d'affaires d'un milliard d'euros environ pour chaque catégorie. Ce sont avec les légumes (770 millions d'euros), les marchandises qui manquent le plus aux tables russes et constituent les principales importations alimentaires en provenance d'Europe avec les vins et spiritueux (1,5 milliard euros). Mais les alcools ne sont pas concernés par l'embargo.

 

Inquiétude des producteurs

Les pommes, les tomates et les pêches en particulier sont achetées chez les Européens qui traversent justement une grave crise cette saison, en raison d'une production abondante.

 

Les producteurs français de fruits et légumes ont déjà réclamé la mise en place d'un système de compensation des pertes subies par la filière du fait des sanctions russes. Ils demandent notamment que soit retiré du marché un volume de fruits et légumes équivalent à celui normalement exporté en Russie, ainsi que la mise en place d'un système de compensation des pertes. Mais ce sont principalement la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne qui auront à pâtir de ce coup de frein. Avec le risque de voir se déverser leurs invendus sur le marché européen, détériorant encore le revenu des éleveurs.

 

Réaction communautaire

Face à l'inquiétude manifestée par les producteurs, une réunion européenne se tiendra prochainement à Bruxelles. Par ailleurs, l'Union européenne envisage de saisir l'Organisation mondiale du commerce. Pourtant selon certains experts, au final, le vrai perdant de l'affaire pourrait être paradoxalement Moscou.

 

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Dernière màj le 8 décembre 2016