|

Élections en Italie : "quo vadis" ?

Pays : Italie

Tags : Italie, Politique, Gouvernement, Elections

Dimanche, les Italiens éliront leur nouveau parlement, ainsi qu'un nouveau gouvernement. Ces dernières semaines, les candidats ont mené une campagne électorale féroce. Des sondages récents montrent qu'aucun camp n'est susceptible de réussir à former une majorité. ARTE Info résume les principaux enjeux de ces élections, et présente les différents candidats.

La campagne électorale houleuse en Italie n’aide guère les citoyens à faire leur choix : quelques jours avant les élections législatives de dimanche, un tiers des 51 millions d'électeurs italiens ne savaient toujours pas pour qui voter. Dans ce climat tendu, il est peu probable qu’une alliance ne réussisse à former une majorité. L’hypothèse de nouvelles élections est déjà évoquée, avant même que celles-ci n’aient eu lieu.

Trois camps se démarquent, selon les sondages d'opinion : le mouvement 5 étoiles, l’alliance de droite formée par Silvio Berlusconi, et la gauche modérée de Matteo Renzi.

Actuellement, c’est la gauche modérée qui est au pouvoir, avec Paolo Gentiloni pour premier ministre. Mais le chef du gouvernement risque de faire un score bien en deçà de ses succès passés. Les Italiens lui reprochent la persistance de la crise économique dans le pays. Récemment, des signes encourageants ont été relevés en Italie : le chômage des jeunes, par exemple, est passé de 44 à 32% en l’espace de cinq ans.

Si aucun parti ni aucune alliance ne parvient à rassembler 42% des voix, -le score nécessaire pour avoir la majorité gouvernementale-, Paolo Gentiloni pourrait rester au gouvernement, malgré les critiques qui lui sont adressées.

L’autre formation qui a ses chances : l’alliance de centre-droit composée de Forza Italia, parti de Silvio Berlusconi, du parti populiste d’extrême droite Ligue du Nord, mené par Matteo Salvini, et du parti néofasciste « Fratelli d’Italia » de Giorgia Meloni.

L’ex-chef du gouvernement, Silvio Berlusconi, est pourtant officiellement inéligible jusqu’en 2019 en raison d’une condamnation pour fraude fiscale.

Enfin, le populiste « mouvement 5 étoiles » pourrait aussi tirer son épingle du jeu et sortir vainqueur de ce scrutin. Il se présente comme une alternative aux partis traditionnels et compte sur le vote des déçus de la politique.

 

Les principaux candidats de l’élection :

 

SILVIO BERLUSCONI :

Il est de retour. Reconnu coupable d’évasion fiscale en 2014, le « Cavaliere » ne doit pas occuper de fonction politique jusqu’en 2019. Pourtant, c’est son nom qui est mis en avant par Forza Italia. Bien que le parti ait obtenu autour de 18% des voix lors des précédents scrutins, il pourrait cette fois-ci avoir un rôle décisif à jouer dans la formation d’un gouvernement, qui s’annonce compliquée.

MATTEO SALVINI :

Avec pour slogan « Les Italiens d’abord », Matteo Salvini a donné un nouveau souffle au mouvement séparatiste de la Ligue du Nord. Il s’appuie beaucoup sur la crise migratoire pour séduire les électeurs. Depuis 2013, le parti établi à Milan compte parmi les mouvements d’extrême droite les plus populaires et est crédité d’environ 14% d’intentions de vote dans les derniers sondages.

 

LUIGI DI MAIO :

Il est la tête d’affiche du très europhobe « mouvement 5 étoiles ». Quelque 30% d’électeurs seraient prêts à voter pour ce parti, qui est le parti le mieux placé. Contrairement à l’exubérant Beppe Grillo, fondateur du parti, Di Maio entend bien transformer le mouvement en une alternative crédible et sérieuse. C’est pourquoi il évite consciencieusement les questions les plus sensibles, comme celle de la sortie de la zone euro.

MATTEO RENZI :

Devenu en seulement quatre ans le dirigeant le plus impopulaire d’Italie, Matteo Renzi a tout de même décidé de se présenter une nouvelle fois. D’après les sondages, il ne rassemblerait que 23% des voix. Le Premier ministre sortant, pro-européen, avait perdu ses soutiens jusque dans son propre camp et avait été contraint de démissionner en 2016.

PAOLO GENTILONI :

Il est le successeur de Matteo Renzi au gouvernement. L’ancien ministre des affaires étrangères campe sur sa ligne modérée, et s’est abstenu de prendre part dans les polémiques pendant la campagne. Il n’est d’ailleurs pas candidat lui-même, bien qu’il soit resté populaire. Si aucun gouvernement n’est formé à l’issue des élections, il pourrait continuer de gouverner l’Italie en attendant un nouveau scrutin.

 

 

Dernière màj le 2 mars 2018