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Élections en Espagne : quels espoirs pour les jeunes ?

Pays : Espagne

Tags : Elections, Espagne

Samedi 12 décembre

14:00

Yourope

Elections en Espagne : les jeunes ont-ils des raisons d’espérer ?

Le 20 décembre, les Espagnols éliront un nouveau parlement. Un scrutin à surveiller, car depuis le début de la crise économique, les choses bougent dans la péninsule ibérique. A commencer par la nouvelle gauche issue des grands mouvements de contestation portés par la jeunesse.

Podemos, entre espoir et réalité

Aux élections communales, le parti Podemos a percé. Il a remporté la mairie de Cadix en Andalousie, où le chômage des jeunes atteint le chiffre record de 61,5 %.

Elena en est l’incarnation. A peine sortie de la fac, elle s’est retrouvée confrontée à la crise. "Tu penses à émigrer, tu pèses le pour et le contre et au bout de trois sans décrocher le moindre job, tu dis, ça suffit !", confie-t-elle.

C’est aussi ce que pensait Maria Romay en 2011, lorsqu’elle est descendue dans la rue pour protester contre le gouvernement et l’absence d’avenir pour sa génération.

maria

A 24 ans, elle est aujourd'hui la plus jeune conseillère municipale du pays. Pour autant, ses visions politiques n’ont pas toutes pu être réalisées. Il faut dire que les dettes de sa ville avoisinent les 300 millions d’euros.

Résultat des courses, nombreux sont les jeunes Espagnols à être déçus par ceux en qui ils ont placé leurs espoirs. Ces derniers mois, Podemos a reculé dans les sondages. Pourtant, rares sont ceux qui envisagent de se tourner vers les anciens partis.

 

"Nous voulons faire une politique plus sociale – mais l’argent nous manque." 

Maria Romay, conseillère municipale

Ciudadanos
toni roldan

​Parmi les nouveaux partis : Ciudadanos, le parti de la citoyenneté tendance centriste, fondé à l’origine à Barcelone pour contrer les Séparatistes. Mené par son leader Albert Rivera, Ciudadanos se présente pour la première fois à des élections nationales. Rencontre avec un des candidats et expert en économie, Toni Roldán.

"L'éducation, c’est là qu’il faut investir, pas dans de nouveaux projets de construction", déclare-t-il. Des idées à l’origine du succès de Ciudadanos. Un temps, la formation a même figuré à la troisième place des sondages, talonnant de près les des deux grands partis établis.

 

Alors, partir ou revenir ?

Mais est-ce vraiment d’éducation dont l’Espagne a besoin ? Car après tout, chaque année, ce sont des dizaines de milliers d’Espagnols hautement qualifiés qui quittent le pays. Et gagnent par exemple Berlin.

Ce rêve d’un avenir doré à l’étranger, Raquel et Adrián en sont justement revenus.

raquel et adrian

Raquel a longtemps vécu à Vienne, mais dans la capitale autrichienne, le marché de l’emploi n’était guère plus favorable qu’en Espagne. Après avoir enchaîné les CDD, elle s’est vue proposer un job… à Barcelone. Et est donc rentrée au pays.

Quant à Adrián, après des mois de chômage, il a trouvé une place de contractuel pour enseigner les langues. 900 à 1300 euros par mois, le tout pour une durée de trois mois.

"D’un côté, je suis content d’avoir trouvé quelque chose" explique-t-il. "Même si ce n’est évidemment pas l’idéal. Je vis dans l’incertitude, sans aucune garantie. Notre génération ne voit aucun avenir et se sent abandonnée."

 

Yourope, de Madrid à Barcelone

La jeunesse espagnole détient la clé du scrutin du 20 décembre. Elle est en mesure de relancer un système sclérosé. Mais vers où penchera la balance ? C’est encore la grande inconnue de ce rendez-vous électoral.

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Dernière màj le 8 décembre 2016