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Election présidentielle : le Portugal se prépare à une cohabitation

Pays : Portugal

Tags : élection présidentielle

Le favori : Marcelo Rebelo de Sousa

Le professeur d'université Marcelo Rebelo de Sousa, électron libre de la droite portugaise, est le grand favori de l'élection présidentielle de ce dimanche 24 janvier, trois mois après les législatives qui ont chamboulé le paysage politique. Arrivée en tête des élections législatives du 4 octobre, mais sans majorité absolue, la droite avait été évincée du pouvoir un mois plus tard par un front anti-austérité formé par le Parti socialiste, le Bloc de gauche et le Parti communiste.

Marcelo Rebelo de Sousa, 67 ans, crédité de 52 à 55% des voix selon les derniers sondages, espère gagner dès le premier tour. Il laisse loin derrière lui ses neuf concurrents, un nombre record de candidats qui n'a toutefois pas contribué à animer une campagne plutôt morose. Ses principaux adversaires sont l'indépendant de gauche Antonio Sampaio da Novoa, qui recueille 17 à 22% des intentions de vote, et Maria de Belem Roseira, ancienne ministre socialiste, créditée de 8 à 13% des voix. Divisé, le Parti socialiste a appelé à voter pour l'un ou l'autre de ces deux candidats, tablant sur un hypothétique second tour pour soutenir officiellement l'un d'eux.

L'enjeu : le pouvoir de dissolution

Le pouvoir de dissoudre le Parlement est l'enjeu principal de l'élection du futur président portugais, qui pourra choisir de rebattre les cartes après les turbulences qui ont suivi les législatives du mois d'octobre. Qualifiée de "bombe atomique" par les commentateurs, la dissolution est le pouvoir le plus important du chef de l'Etat portugais. Mais elle ne peut intervenir ni dans les six mois précédant la fin du mandat du président sortant, ni dans les six mois suivant l'entrée en fonction d'un nouveau Parlement.

Le futur président, qui prêtera serment le 9 mars, pourrait ainsi l'utiliser à partir de fin avril pour tenter d'obtenir une majorité claire, ce que les élections législatives du 4 octobre n'avaient pas permis. Selon les politologues, le candidat de droite Marcelo Rebelo de Sousa n'aurait pas l'intention de dissoudre immédiatement le Parlement. Mais, d'après ces analystes, il pourrait le faire si le soutien de la gauche radicale au gouvernement venait à s'effriter, ouvrant une nouvelle crise politique.

Figure très respectée au Portugal, le président de la République représente une autorité morale importante et dispose aussi du pouvoir de promulguer les lois ou de les soumettre au Tribunal constitutionnel. Garant du bon fonctionnement des institutions, c'est lui qui nomme le Premier ministre et démet le gouvernement. Il est aussi le chef des armées.

  

Dernière màj le 8 décembre 2016