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Effet rebond, croissance et développement, décroissance : tout comprendre

Pays : Union européenne

Tags : déchiffrage, croissance, décroissance

La croissance est devenue la mesure centrale de nos sociétés. Pourtant, elle n’engendre pas toujours un meilleur développement. Certains assurent que les progrès technologiques nous permettront d’avoir une croissance plus propre. Pourtant, il faut se méfier de l’effet rebond. Le salut est-il donc dans la décroissance ?  

 

Effet rebond : attention, danger

L’effet rebond désigne le phénomène par lequel l’amélioration de la qualité technologique d’un bien a pour conséquence l’augmentation de sa consommation. On parle aussi de « paradoxe de Jevons » ou de « postulat de Khazzoom-Brookes ». Ainsi, l’amélioration des performances des voitures en matière de consommation de carburant n’a pas eu comme conséquence une baisse de cette consommation. Il s’agit d’un effet rebond dit « direct ». Il existe aussi des effet rebonds « indirects », lorsque des économies faites (sur le carburant par exemple) libèrent du pouvoir d’achat pour des dépenses d’une autre nature.

Ce paradoxe est souvent mis en avant par les partisans de la décroissance pour défendre l’idée que l’amélioration de l’efficacité énergétique de la production n’est pas une solution au changement climatique. Un exemple ici avec un article de François Schneider, membre du Sustainable Europe Research Institute.

 

Croissance et développement ne sont pas synonymes

La croissance économique correspond à l’augmentation de la production de richesses marchandes. On la mesure principalement à l’aide de l’évolution du produit intérieur brut (PIB). 
Le développement correspond quant à lui à l’amélioration globale du niveau de vie d’une population. Il ne se résume donc pas à l’accroissement des richesses matérielles mais tient compte du niveau d’instruction, de l’état de santé d’une population, du niveau des 's ou encore du degré de protection de l’environnement. Le développement est mesuré par plusieurs indicateurs. L’IDH (Indice de Développement Humain) est le plus connu d’entre eux. Il croise les résultats en termes d’espérance de vie à la naissance, de scolarisation et de revenu par habitant.
En conséquence, La croissance économique ne doit pas être confondue avec le développement, car elle n'implique pas forcément une amélioration du bien-être, si l'activité économique sur laquelle elle se fonde privilégie des marchandises qui dégradent la qualité de vie d'une partie de la population (un exemple classique étant celui de la production d'armes).

 

Qu'est ce que la décroissance ?

La décroissance est une thèse selon laquelle, pour sauvegarder l'avenir de la planète, une réduction de la consommation et de la production est nécessaire. Selon ses partisans, cela peut être possible, voire désirable, sous certaines conditions (répartition moins inégalitaire des revenus, utilisation exclusive d'énergies renouvelables, circuits courts d'approvisionnement, agriculture biologique, utilisation de transports doux...) impliquant de profondes transformations dans notre mode de vie, de manière à réduire son empreinte écologique. La décroissance n’est donc pas une simple « croissance à l’envers ».
Les premiers théoriciens de la décroissance sont l'économiste Nicholas Georgescu-Roegen et le philosophe Ivan Illich, dans les années 1970. La décroissance est aujourd’hui défendue par plusieurs « objecteurs de croissance », dont Serge Latouche, Patrick Viveret, Paul Ariès pour les plus connus en France. Ils partagent une opposition à la recherche de la croissance économique, considérée comme destructrice. Ils défendent cependant des tendances parfois très différentes.
Il leur est souvent reproché de développer des thèses trop radicales (réduction forte des villes au profit de localisations plus rurales, autoproduction poussée, méfiance à l'égard de l'industrie, etc.), et de pas toujours avoir les clés de la transition qu’ils appellent de leurs vœux. Il leur est aussi reproché de surestimer notre capacité à nous passer de certaines productions.

> En savoir plus : "Les théories de la décroissance : enjeux et limites"