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Écosse – Le drame de Canna

Pays : Royaume-Uni

Tags : cambriolage, île

Un vol a été commis à Canna, une petite île des Hébrides. Et comme cela faisait une cinquantaine d’années que ce petit bout de terre n’avait connu aucun crime ni délit, le méfait a provoqué l’émoi des habitants.

Située au nord-ouest de l’Écosse, au sein du paisible archipel des Hébrides, la petite île de Canna vient de vivre une sorte de drame local. Dans la nuit du 12 au 13 juin 2015, un cambriolage a été commis dans la seule boutique de ce territoire de onze kilomètres carrés. Comme le rapporte The Guardian, les malfaiteurs ont dérobé des bonbons, des barres chocolatées et des biscuits, ainsi que six bonnets en laine tricotés par la gérante du magasin, Julie McCabe, le tout pour une valeur estimée à 200 livres (environ 280 euros). Évidemment, partout ailleurs, le larcin serait passé médiatiquement inaperçu. Sauf qu’à Canna, aucun crime ni délit n’avait été commis… depuis les années 1960. « Nous sommes tous estomaqués, a déclaré la commerçante au Aberdeen Press and Journal. Pour ma part, je suis absolument stupéfaite que quelqu’un ait fait cela à notre communauté. »

Une confiance aveugle règne d’ordinaire entre la trentaine d’habitants qui résident sur l’île. D’ailleurs, l’épicerie, qui vend aussi des cadeaux souvenirs et de l’artisanat, reste ouverte la nuit, sans personnel, notamment car elle propose le wi-fi gratuit et des produits de première nécessité pour les pêcheurs qui prennent souvent la mer dès l’aube. Pour le paiement, il suffit à ces clients nocturnes de laisser ce qu’ils doivent dans une petite boîte et de noter dans un cahier leurs achats. « Quand vous vivez sur une petite île comme cela, vous devez pouvoir faire confiance à votre voisin et à tous ceux qui viennent ici », a également réagi Julie McCabe.

« Une véritable honte »

Certains soupçonnent du coup les quelques touristes qui visitent régulièrement ce petit bout de terre presque sauvage. C’est ce que pense Bill Clark, un ancien conseiller municipal qui a représenté l’île pendant treize ans. « Je suis très surpris de l’apprendre [le vol] et c’est vraiment navrant, a-t-il réagi dans les colonnes du Aberdeen Press and Journal. Je suis sûr que les personnes qui vivent à Canna ne ferment même pas la porte d’entrée de leur domicile. »

Pour éviter que de tels méfaits se reproduisent, l’Isle of Canna Community Development Trust, propriétaire de la petite boutique, a fait savoir sur sa page Facebook qu’elle envisageait de fermer désormais à clé la boutique la nuit. « Avec une communauté aussi vulnérable que la nôtre, explique le message, ce serait le seul moyen que notre magasin puisse, de façon viable, fournir un vrai service pour les habitants et les visiteurs. Un vol comme celui-ci met notre commerce en danger. Devoir le fermer serait une véritable honte après toutes les heures de travail que les bénévoles ont faites ici. »

Dans les années 1960, le vol commis était celui d’une plaque en bois sculpté dérobée dans l’une des trois églises de l’île. Cette dernière n’avait jamais été retrouvée, ni l’affaire résolue.

Franck Berteau

 

Dernière màj le 8 décembre 2016