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Écosse : Indépendance offshore

Pays : Royaume-Uni

Tags : Ecosse, Referendum, Indépendantisme

Cette semaine Vox Pop enquête sur le pétrole écossais, l’enjeu principal du référendum pour l’indépendance, qui aura lieu le 18 septembre prochain.

MAGAZINE EUROPEEN- VOX POP (22)

C'est une première dans l'Union européenne : dans quelques jours, une nation se prononcera pour ou contre son indépendance. Les Écossais sont appelés aux urnes, le 18 septembre, pour décider de l’avenir de leur pays. Dix jours avant le référendum, les indépendantistes caracolaient pour la première fois en tête dans les sondages avec 51 % d'opinion favorable. Le scrutin s'annonce serré.  


L'indépendance, à quel prix ?

L’Écosse sera-t-elle bientôt riche grâce aux réserves pétrolières ? D’après les séparatistes, 90 % du pétrole de la mer du Nord reviendrait aux Écossais si le pays devenait indépendant. Cette manne financière de 7 milliards d’euros permettrait de payer les dépenses publiques du nouvel État. L’Écosse indépendante entend suivre le modèle norvégien en mettant en place des fonds pour collecter les revenus pétroliers. Le journal La Tribune rappelle que, depuis plusieurs années, l’extraction du pétrole en mer du Nord est devenue un véritable défi technique. Il est « de plus en plus difficile à extraire » affirme le quotidien. L’Écosse aurait besoin de l’aide financière, écologique et logistique de Londres pour améliorer sa productivité en berne depuis 2011.  


Avec ou sans la livre sterling ?  

En cas d’une victoire du oui, les indépendantistes affirment vouloir conserver la livre sterling. Les trois principaux partis britanniques – le Labour, les Conservateurs et les Libéraux-démocrates – sont opposés à une union monétaire avec l’Écosse. « Si l'Écosse quitte le Royaume-Uni, elle quitte la livre sterling », confirme le ministre britannique des Finances George Osbone.
Malgré les menaces de Londres, rien ne peut empêcher l’Écosse de continuer à utiliser la livre sterling. Dans un article du journal Le Monde, Amit Kara, économiste chez UBS à Londres, explique qu’Édimbourg pourrait conserver cette monnaie comme des pays non liés aux États-Unis ont pu adopter le dollar. L’Écosse dépendrait toutefois d’une banque centrale dont la politique monétaire serait fixée par Londres.  


À l'intérieur ou à l'extérieur de l'Union européenne ?

« Nous voulons continuer à faire partie de l’Union européenne. David Cameron ne doit pas parler au nom de mon pays » déclare Alyn Smith, eurodéputé écossais à Bruxelles, dans une interview à Vox Pop. L’Écosse indépendante veut adhérer à l’UE… une démarche pas si simple. Même si le parti SNP (Scottish National Party) se prépare à une « transition en douceur » expliquée dans leur livre blanc, la réalité peut être toute autre. L'Écosse « devrait présenter de nouveau sa candidature, un processus d'une longueur inconnue, dont l'issue serait tout aussi incertaine », affirme William Hague, ministre des Affaires étrangères britannique, cité dans le journal Le Figaro. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso , encore en poste jusqu’au 31 octobre 2014, estime lui aussi que « cela va être extrêmement difficile, voire impossible ».

 

Nadine Ayoub

 

Dernière màj le 8 décembre 2016