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Ebola hors de contrôle

Pays : Guinée, Libéria, Sierra Leone

Tags : épidémie, Afrique de l'ouest

Impuissance au Liberia, soulagement relatif au Sénégal : les pays africains en proie à l'épidémie d'Ebola tentent toujours désespérément de ralentir la progression foudroyante du virus. L'épidémie, la plus grave depuis l'identification de cette fièvre hémorragique en 1976, a fait 3.439 morts sur 7.478 cas selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en date du 1er octobre.

A Monrovia (Liberia), la situation est toujours aussi dramatique, confirmant que le virus trouve un terrain particulièrement favorable dans les pays aux infrastructures de santé défaillantes. "L'existence du Liberia est gravement menacée", a mis en garde le ministre libérien de la Défense, Brownie Samukai, devant le Conseil de sécurité de l'ONU. "La maladie se propage comme un feu de forêt, dévorant tout sur son passage".

Un sérum miracle ?

Deux Américains, un médecin et une missionnaire ayant contracté le virus au Liberia, où ils luttaient contre l'épidémie, ont été traités avec un anticorps expérimental jamais testé auparavant sur des humains. Selon les médecins traitants cités par CNN, "les anticorps ont eu un effet miraculeux en atténuant rapidement les symptômes"
Le directeur de l'Institut américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), le Dr Anthony Fauci, prône néanmoins la prudence, soulignant que "le sérum avait une certaine efficacité mais seulement chez deux patients". Il rappelle aussi la très grande difficulté à produire un nombre significatif de doses à ce stade.

 

Les services de santé sont dépassés par l'épidémie dont la progression est foudroyante. Un patient tenant à peine debout s'est vu interdire l'accès à un centre de traitement débordé par le nombre de malades. "J'étais venu pour me soigner mais ils m'ont dit qu'il n'y a plus de place. J'ai des maux de tête et une fièvre. Je vais retourner à la maison", a expliqué cet habitant de la capitale.

 

Quatre pays ouest-africains sont désormais touchés par la maladie d'Ebola, partie de la Guinée en début d'année avant d'atteindre la Sierra Leone, le Liberia puis le Nigeria. La moitié des décès sont intervenus ces dernières semaines. Selon le président américain, l'épidémie est désormais hors de contrôle.

Ebola en France ?

"Notre pays a les moyens de faire face au virus", affirme Marisol Touraine, ministre de la Santé. De nombreux pays, dont l’hexagone, ont renforcé leur dispositif de veille sanitaire, dans la crainte d'une propagation internationale du virus. Mais pour l’heure, les mesures se prennent surtout en amont : la France demande à ses ressortissants de suspendre tout voyage en Guinée, en Sierra Leone, au Liberia et au Nigeria De simples précautions car le risque de contamination en Europe et en France reste "très improbable", selon Rosa Crestani, coordinatrice de l’intervention Ebola pour Médecins sans frontières. "Il existe un risque qu’un cas importé se révèle, mais une épidémie est absolument inenvisageable", soutient Pierre-Marie Girard, chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Saint-Antoine de Paris.

 

 
Une économie dévastée en Serria Leone

De nombreux commerces ont fermé, et plusieurs compagnies étrangères ont interrompu leurs liaisons avec la Sierra Leone. Le taux de croissance connaît un sévère recul, a annoncé mercredi le gouvernement." Avec l'explosion de l'épidémie depuis mai dans le pays, la croissance est passée d'un taux prévu de 11,3% à 7%, car de nouveaux financements sont sans cesse consacrés à la lutte contre la maladie", a déclaré à Freetown le ministre des Finances, Kelfala Samura.

Depuis l'instauration de l'état d'urgence fin juillet dans le pays, les écoles sont fermées. 

 
La Guinée dévastée

La Banque mondiale prévoit que le virus va faire reculer la croissance, qui devrait passer de 4,5% à 3,5% cette année. Alpha Condé, le président de la Guinée, d'où est partie l'épidémie et qui compte 555 morts, a également déclaré "la guerre contre Ebola".

Une fièvre foudroyante et mortelle

Le virus Ebola, qui provoque en peu de jours des "fièvres hémorragiques", suivies de vomissements, de diarrhées, d’éruptions cutanées, conduit à des insuffisances rénales et hépatiques, suivies d’hémorragies internes. Il n'existe pas de vaccin homologué. Le taux de mortalité chez l'homme tourne autour de 60% pour la souche présente actuellement en Afrique de l'ouest. Les personnes atteintes peuvent succomber au bout de 6 à 16 jours. 
Les modes de transmission de la maladie sont peu connus. Le plus avéré est la transmission par contact direct avec les liquides organiques comme le sang, la salive ou le sperme, d’une personne infectée, qu’elle soit vivante ou décédée.

 

Le Nigeria est touché dans une moindre mesure avec sept décès.

 

En République démocratique du Congo en revanche, une épidémie distincte de celle qui sévit en Afrique de l'Ouest a fait 35 morts en près d'un mois dans une région reculée, selon un dernier bilan fourni par le ministère congolais de la santé.

        
Une bonne nouvelle venue du Sénégal

Le pays a annoncé la guérison de son unique cas confirmé d'Ebola, un étudiant guinéen qui était traité dans un hôpital de la capitale, Dakar.

 

Les pays occidentaux débloquent des fonds

Début septembre, la Commission européenne a débloqué 140 millions d'euros pour renforcer notamment les services de santé dans les pays concernés.

Les États-Unis ont annoncé qu'ils allaient consacrer 10 millions de dollars supplémentaires à la lutte contre l'épidémie, portant leur aide à plus de 100 millions.

 

Mais un récent rapport de la banque mondiale affirme que le coût économique d'Ebola pour l'Afrique de l'Ouest pourrait dépasser 32 milliards de dollars d'ici à la fin 2015 si l'épidémie venait à s'étendre.

 

 

 

 

 

 

 

Dernière màj le 8 décembre 2016