E-Tour de la semaine 10

Pays : Danemark, Estonie, Italie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Russie

Tags : Berlusconi, Mesure du bonheur, Europe de l'Est

Chaque semaine, les correspondants de VOX POP nous parlent d'un évènement qui a fait la une des journaux de leur pays. Cette semaine, direction l'Europe de l'Est, l'Italie et l'Union européenne

 
EUROPE DE L’EST – À l’est, la peur de la Russie subsiste
 
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  • « Le Soldat de Bronze », statue du soldat soviétique. Photo de Socialism Expo.

Alors que la Crimée a été proclamée territoire russe le 18 mars, certains pays au sein de l’Union européenne craignent que ce changement puisse les affecter. En effet,  la Pologne et les pays baltes – Estonie, Lettonie et Lituanie –  sont encore marqués par les souvenirs de l’occupation russe. En Pologne, le gouvernement tente de rassurer une population méfiante dont 59 % des citoyens estiment que la politique étrangère de la Russie représente une menace pour eux. Si tous ne redoutent pas forcément une invasion de la Russie, ils voient néanmoins d’un mauvais œil les attaques perpétrées à l’encontre de leur voisin, l’Ukraine. Marcin Zaborowski, directeur de l’Institut polonais des affaires internationales, pense au contraire que la Russie ne devrait pas être sous-estimée. « Cette agression spontanée d’un autre État est une violation du droit international. Il me paraît peu prudent de s’accrocher à l’espoir que Poutine n’ira pas plus loin » a-t-il confié à la BBC.

Du côté des pays baltes, la situation est différente. En effet, tout comme l’Ukraine, ils ont d’importantes minorités russophones. La Lettonie et l’Estonie comptent  ainsi respectivement 27 % et 24 % de citoyens se considérant d’ « ethnicité russe ». Ces minorités ont pour la plupart gardé un profond sentiment d’identité russe. En 2007, lorsque la ville de Tallinn – capitale de l’Estonie – avait voulu déplacer la statue d’un soldat soviétique, des associations russes avaient fomenté des émeutes qui ont conduit à la mort d’un manifestant.

L’Estonie et la Lettonie se sont ainsi empressées de condamner la tenue du référendum en Crimée qu’ils jugent anticonstitutionnel. La présidente lituanienne Dalia Grybauskaite a de son côté affirmé que Poutine tentait de redessiner les frontières de l’après-guerre. « L’Ukraine a été la première, la Moldavie, les pays baltes et la Pologne viendront ensuite. »

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ITALIE – Berlusconi, une nouvelle porte d’entrée à Bruxelles ?

 

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  • Silvio Berlusconi aux côtés d’Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, en 2011. © European Council

Si l’on ne devait retenir qu'une seule qualité de Silvio Berlusconi, ce serait sa capacité à renaître de ses cendres. Alors qu’on le croyait définitivement sorti de la vie politique, après une interdiction d’exercer des fonctions politiques en Italie pendant six ans suite à une condamnation pour fraude fiscale, Berlusconi tente un nouveau retour, cette fois-ci via Bruxelles.

« Si je le peux, je me ferai un plaisir d’être la tête de liste pour les élections européennes dans les cinq circonscriptions où j’ai toujours obtenu entre 600 000 et 700 000 voix », a-t-il annoncé au cours d’un appel téléphonique retransmis durant un meeting de Forza Italia.  

Mais Berlusconi pourra-t-il se présenter ? Deux obstacles majeurs lui compliquent la tâche. D’une part, il ne saura pas avant le 10 avril quelle sera la décision finale de la Cour de cassation qui pourrait lui imposer une peine de prison, un assignement à domicile ou des travaux d’intérêt général. De toute évidence, de telles décisions l’empêcheraient de se présenter aux élections. D'autre part, selon la vice-présidente de la Commission européenne Viviane Reding, la candidature de Berlusconi au Parlement européen est purement et simplement incompatible avec la législation européenne.  « Je ne rentrerai pas dans les considérations d’ordre national mais les lois européennes sont très claires là-dessus », a-t-elle déclaré. En effet toute personne condamnée par la justice pour des affaires de crime organisé, de blanchiment d’argent, de corruption ou autres crimes économiques et financier graves ne serait être admissible au Parlement.

Ces règles suffiront-elles pour autant à arrêter l’infatigable Cavaliere ? En Italie, où l’on connaît bien ses facultés de rebond, certains en doutent. Interviewé par le quotidien anglais The Telegraph, le politologue Giovanni Orsina a ainsi déclaré « Berlusconi prend cette possibilité très au sérieux et fera tout ce qu’il peut pour qu’elle marche. Il veut prouver qu’il est encore en forme et il a de très bon avocat pour ça. »

Affaire à suivre…

 

 

UNION EUROPÉENNE – L’argent fait le bonheur

 

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  • La Petite Sirène dans le port de Copenhague. Photo de Benjamin Dumas.

Mesurer le bonheur en Europe, c’est la mission que s’est donnée l’agence de statistique de l’Union européenne, Eurostat, à l’occasion de la Journée mondiale du bonheur, le 20 mars.

Pour cela, l’agence a rassemblé les indices traditionnels suivants :

- le  standard de pouvoir d’achat (SPA), un indice qui replace le PIB dans le contexte du coût de la vie ;
- l’espérance de vie ;
- la satisfaction de la vie pour laquelle on demande aux personnes sondées d’évaluer le degré de   satisfaction de leur vie en général (de 0 : insatisfaisant à 10 : très satisfaisant).

Ces données ont été complétées par d’autres indices reflétant la qualité de la vie :

- les conditions de vie matérielles,
- le chômage de longue durée,
- le niveau d’éducation,
- la capacité à faire face à des dépenses imprévues,
- les taux d’homicides,
- l’écart de rémunération entre hommes et femmes,
- l’exposition aux particules fines.

Conclusion ? Sans grande surprise, l’argent fait bel et bien le bonheur. Les pays où les gens se disent les plus satisfaits de leur vie sont le Danemark (8,4),  la Finlande (8,1), la Suède (8), le Luxembourg (7,8), l’Autriche et les Pays-Bas (tous les deux à 7,7). Ces pays sont aussi ceux où les conditions de vie matérielles, le PIB par habitant et la capacité à faire face à des dépenses imprévues sont les plus élevés.

Par corrélation, les pays où l’on est le moins satisfait de sa vie sont les pays dont les PIB sont les plus faibles, soit la Bulgarie (5,5), la Hongrie (5,8), la Grèce, la Lettonie (tous les deux à 6,2) et l’Estonie (6,3).

La crise économique n’aura toutefois pas eu raison du moral de tout le monde. Ainsi, les Espagnols et les Irlandais sont plutôt plus heureux que la moyenne des Européens (7,5 contre 7,1 pour la moyenne européenne) et en tous cas plus heureux que les Allemands et les Français (tous les deux à 7,2) plutôt maussades contenu de leur niveau de vie.

 

 

 

 

 

Dernière màj le 8 décembre 2016