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Douze initiatives citoyennes pour aider les réfugiés

Pays : Union européenne

Tags : accueil des migrants, union européenne, Réfugiés, citoyenneté

Ils sont bénévoles, engagés dans une association ou ont décidé de mettre leurs compétences professionnelles au profit de l’accueil des migrants. Révoltés par le mauvais traitement que leur réservent la plupart des Etats européens, ils font tout leur possible pour que la situation des réfugiés s’améliore dans leur pays d’accueil ou de retour chez eux. ARTE Info présente douze initiatives citoyennes qui ont marqué l’année 2017.

 

Pays-Bas : l’héritage migratoire des canaux d’Amsterdam

A l'heure où les réfugiés sont la cible privilégiée des extrémistes aux Pays-Bas, certains ont choisi de bousculer les idées reçues véhiculées par le parti populiste et anti-islam de Geert Wilders. Sur les canaux d'Amsterdam, une visite atypique est proposée aux touristes : une visite historique et culturelle qui révèle ce que la capitale doit aux immigrés. Particularité de ces tours : ils sont commentés par des réfugiés, formés par la compagnie Lampedusa.

 
 
Grèce : apaiser le traumatisme des enfants réfugiés

Quand on évoque les conditions d'accueil dans les camps de réfugiés, on pense rarement au manque de soutien psychologique dont ils bénéficient. Pourtant les cas de traumatisme, de dépression ou de tendances suicidaires sont nombreux, notamment chez les enfants. Sur l’île de Chios en Grèce, deux psychologues syriens ont donc décidé d'intervenir bénévolement. Eux-mêmes réfugiés en France depuis plusieurs années, ils se mobilisent auprès de leurs compatriotes en Grèce.  

 
France : l'histoire de l'exil racontée par 400 migrants

Quand elle s’est installée en France il y a huit ans, l’artiste espagnole Paloma Fernández Sobrino a passé une à une les étapes propres à l’immigration : la barrière de la langue, les difficultés d’intégration, la nostalgie de son pays. Elle a décidé de lancer un vaste projet artistique et européen : L’encyclopédie des migrants. Après trois ans de travail en coopération avec une cinquantaine d’associations réparties dans huit pays, le recueil a été publié en mars. Il compile les témoignages de quatre-cents migrants venus s’installer en Europe.

Libye : changer de vie après la guerre

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Après trois années de violents combats entre l'armée nationale libyenne et des milices islamistes proches de Daech, Benghazi, la deuxième ville du pays, est presque entièrement libérée. Il faut maintenant tout reconstruire et les habitants y mettent toute leur énergie. Après un long exil, les soeurs Boushnaf rentrent chez elles. Maye est devenue responsable de l'information à la télévision et Mawada a monté une école de maquillage. Portraits croisés de ces deux femmes qui représentent la nouvelle génération dans une ville encore convalescente.

 
Allemagne : quand les réfugiés deviennent entrepreneurs

Comment intégrer les réfugiés dans la société qui les accueille ? Depuis 2012, l'association française Singa leur vient en aide à travers le travail. Le principe : leur faire bénéficier d’un coach dans leurs démarches. Avec un réseau de plus de vingt mille membres dans six pays, elle aide les migrants à créer leur propre entreprise pour ne plus dépendre seulement des aides de l'Etat.

 
 
Jordanie : des réfugiés en colocation

La Jordanie accueille plus d'un million de réfugiés syriens, souvent logés dans des camps. Une ONG norvégienne a créé un programme de colocation. Elle incite les Jordaniens à accueillir des réfugiés en échange d'une aide à la construction ou à la rénovation de leur maison. Le programme entend aussi améliorer les relations entre les deux communautés.

 
 
Allemagne : des idées pour reconstruire Alep

Comment fournir de l'électricité à toute la population ? Où faut-il construire des rampes pour permettre aux nombreux handicapés de se déplacer ? Voici le genre de questions qui préoccupent Hussein Almohamad. Ce réfugié syrien est professeur associé à l'université de Giessen en Allemagne. Il travaille sur un vaste projet de reconstruction d'Alep, sa ville natale meurtrie par six ans de guerre.

 
 
France : immortaliser le vivre-ensemble

Saint-Martory, village de mille habitants près de Toulouse, accueille depuis l'été 2016 cinquante migrants somaliens, pakistanais ou albanais. Leur arrivée a été un choc pour le maire et la population. Au bout de six mois, constatant que l’intégration se passait plutôt bien, Jean-François Delort, propriétaire du château de Saint-Martory, et le photographe Patrick Willocq ont décidé de montrer cette réalité. Résultat : ils ont présenté en octobre une série de tableaux photographiques dans lesquels les habitants et les demandeurs d'asile posent côte-à-côte.

Iran : s’exiler pour résister

Pour la première fois, le Mémorial de Caen a décidé d'inviter un artiste en résidence. Pendant cinq mois, le caricaturiste iranien Kianoush Ramezani a bénéficié d'un atelier et d'un logement en Normandie pour préparer une exposition sur le thème de la résistance. Il a choisi de parler d’elle telle qu'on la pratique aujourd'hui, dans notre vie de tous les jours. Lui-même y a été confronté : en 2009, il a fui l'Iran au moment des soulèvements contre-régime de la grande vague verte et s'est retrouvé en France au moment des attentats.

 
Jordanie : les réfugiées syriennes expertes en plomberie

75% des Syriens réfugiés en Jordanie vivent hors des camps et doivent payer un loyer. Bien souvent un seul salaire ne suffit pas et les mères de famille sont de plus en plus mises à contribution. Leur intégration professionnelle est difficile car la Jordanie est un pays très conservateur où le travail des femmes est mal perçu. Pour les aider à s’émanciper, une association allemande a ouvert des classes de plomberie 100% féminines. Très vite, le mérite de ces nouvelles apprenties est reconnu.

 
Tunisie : un cimetière pour enterrer dignement les migrants

Personne n’aimerait que le corps de sa mère, sa soeur ou son fils soit abandonné sans être identifié ou même enterré.” Depuis dix ans, Chamesddine Marzoug se bat contre vents et marées pour enterrer dignement les migrants échoués sur le littoral tunisien. La plupart ont pris la mer depuis le pays voisin, la Libye, en direction de Lampedusa. L’ancien pêcheur leur offre une sépulture de sable dans un cimetière de fortune afin qu'au moins, leur mort soit respectée.

 
Finlande : connecter la diaspora syrienne

Après Amsterdam et Berlin, c'est à Helsinki que le Réseau de la diaspora syrienne s'est réuni en novembre. Fadi est chercheur en économie, Jala est juriste en Allemagne et Mohammad est étudiant en anthropologie à Copenhague. Avec une vingtaine d'autres Syriens membres du réseau, ils sont venus de toute l'Europe pour débattre et échanger sur des projets d'intégration des migrants dans leurs pays d'accueil. Objectif : faire de la diaspora syrienne une partie intégrante de nos sociétés.

Dernière màj le 19 décembre 2017