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Dernière ligne droite pour Le Pen et Macron

Pays : France

Tags : le pen, Macron, Présidentielle

C'est la dernière ligne droite. Depuis ce matin 8 heures (pour la métropole), les Français votent pour choisir leur prochain(e) président(e) de la République. Un duel inédit entre deux candidats que tout oppose : Emmanuel Macron, centriste, pro-européen et Marine Le Pen, candidate d'extrême droite, anti-euro et anti-immigration. Un affrontement inédit dans une présidentielle où rien ne s'est passé comme prévu puisque non seulement le président sortant ne s'est pas représenté, mais les deux partis de gouvernement PS et LR, ne se sont pas qualifiés pour le second tour. Les premières estimations, sont attendues à 20 heures.

Suivez la journée du second tour jusqu’au résultat à 20h sur cette page, avec le live de l’AFP et l’édition spéciale d’ARTE Journal à 19h45 : 

 

Retour sur le débat de l'entre-deux-tours :

Le débat Macron / Le Pen, point d’orgue d’une drôle de campagne

Marine Le Pen et Emmanuel Macron ont prouvé une dernière fois leurs profondes divergences le 3 mai lors d’un ultime débat. Pour Die Welt, l’ultime confrontation entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen restera gravé dans les annales comme le "pire débat télévisé entre deux candidats à l’élection présidentielle dans l’histoire de la Ve République", où les "insultes personnelles et venimeuses" ont fusé pendant 2h30 selon The Guardian. Le constat est le même pour le New York Times : "c’était un cas de violent combat verbal : les deux ont été agressifs, se coupant la parole, remuant les poings, pointant du doigt, laissant les modérateurs perplexes et impuissants". La presse étrangère est sortie sidérée par le niveau d’un débat "vraiment pas présidentiel", qui a souvent viré à la cacophonie. Il conclut une campagne où le ton est monté dans l’entre-deux-tours et où Marine Le Pen s'est posée en "David contre Goliath" face à un candidat soutenu par un "vieux front républicain tout pourri"

 
Deux programmes aux antipodes

Résultat : les programmes des candidats étaient tout bonnement inaudibles pendant ce duel. Au mieux, ils ont réussi à montrer leurs désaccords sur tous les sujets, sans exception. Revenons sur les points clé de leurs projets :

 

Le programme d'Emmanuel Macron en deux minutes : 

- Emmanuel Macron adopte une ligne sociale libérale et met en avant une série de mesures économiques fortes : la réduction de l'impôt sur les sociétés d'un tiers à un quart, la création d'un régime de retraite unique qui signerait la fin des régimes spéciaux, une réforme de l'assurance chômage avec un durcissement des règles d'indemnisation des chômeurs et la suppression de cent vingt mille postes de fonctionnaires. Il veut aussi supprimer la taxe d’habitation de quatre Français sur cinq et prévoit de lancer un plan d'investissement de cinquante milliards d'euros, dont quinze milliards destinés à la transition énergétique et au développement des énergies vertes. Emmanuel Macron souhaite "une France forte dans une Europe qui protège"...

 

Et la culture dans tout ça ?

Réponse dans notre série de vidéos "Présidentielle 2017 : demandez le programme culturel !"

- Marine le Pen veut inscrire la "préférence nationale" dans la Constitution. L’objectif : pénaliser l'embauche de salariés étrangers. Elle entend réduire à dix mille personnes l'immigration légale, restreindre le droit d'asile, durcir le regroupement familial et en finir avec la régularisation d'immigrés illégaux. Elle veut embaucher quinze mille policiers et créer quarante mille places de prison. Sa politique économique et sociale est protectionniste avec, par exemple, une taxe de 35% sur les produits des entreprises qui délocalisent. Autres mesures phares de son programme : le retour à une monnaie nationale, un référendum sur l'appartenance à l'Union européenne, la retraite à 60 ans, le retour de l'uniforme à l'école et l’annulation du mariage homosexuel

Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont tout de même un point commun : ils veulent tous les deux mettre fin au traditionnel clivage entre les deux grands partis qui définit la vie électorale française depuis plus d'un demi-siècle. 

 

L’échec historique des partis traditionnels

Un objectif atteint le 23 avril en évinçant dès le premier tour la droite et la gauche. C'est la première fois que le PS et les Républicains, qui ont dominé pendant des années la vie politique française, sont tous les deux éliminés du second tour. Le parti socialiste a atteint son pire score depuis 1969. Selon Emmanuel Macron, "on tourne clairement aujourd'hui une page de la vie politique française". Ce scrutin marque également une percée de Jean-Luc Mélenchon, qui gagne 8% par rapport à 2012 et introduit à gauche une inconnue supplémentaire dans les législatives, prévues en juin. 

A lire aussi : 

"Ce ne sont pas les électeurs qui ont changé, mais les partis traditionnels qui ont échoué", interview du sociologue Michel Wieviorka

Pour le sociologue Michel Wieviorka, la campagne électorale a clairement "révélé l’incapacité des grands partis traditionnels à répondre aux attentes des électeurs. À droite, les Républicains auraient dû régler le problème d’ordre moral de leur candidat avant que la crise ne s’envenime. À gauche, l’Élysée et François Hollande ont sciemment laissé leur propre parti se disloquer au profit des Insoumis de Jean-Luc Mélenchon ou du mouvement centriste d’Emmanuel Macron".

Dernière màj le 7 mai 2017