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Danemark - Une municipalité exige des bébés

Pays : Danemark

Tags : natalité

Thisted, une ville au nord du pays, menace de fermer ses services publics si ses administrés ne se mettent pas à faire plus d’enfants. Un appel à la procréation qui illustre le déficit de natalité du Danemark.

Placardées dans les rues de Thisted, les campagnes publicitaires incitant les familles à faire des bébés n’auront pas suffi. Dans cette commune rurale de 40 000 habitants, située dans le Jutland, au nord du Danemark, comme dans le reste du pays, les nouveau-nés se raréfient. Avec 1,6 enfant en moyenne par femme, le taux de natalité de la ville figure même en dessous de la moyenne nationale (1,7 enfant par femme), qui est déjà parmi les plus faibles d’Europe. Aussi, lors du dernier conseil municipal, la mairie a-t-elle prévenu ses administrés : s’ils ne se mettent pas à procréer, plusieurs services publics fermeront.

Actuellement désertés, les centres de loisirs, crèches et écoles ne doivent désormais leur salut qu’au désir des couples locaux de se reproduire davantage. Impuissant face à ce manque de bébés, le maire de Thisted, Lars Sloth, a tout de même précisé que l’annonce de ces mesures potentielles avait été accueillie dans « l’enthousiasme » par les habitants. Celles-ci illustrent avant tout une volonté de voir perdurer cette « communauté dynamique et d’attirer de nouvelles familles », a souligné l’édile, interrogé par le Guardian.

Des bébés à tout prix

Au Danemark, la natalité périclite depuis deux décennies. En 2012, son taux avait baissé de 17 % par rapport au début des années 2000. Et les multiples initiatives prises par les gouvernements successifs, à l’image de garderies offrant aux parents une soirée de garde gratuite pour favoriser leur vie de couple, n’y changent rien,

Au printemps 2014, c’est une agence de voyage du pays qui a tenté, à sa manière et en s’offrant au passage un joli coup de pub, de contrecarrer ce déficit de naissances. Affirmant alors que les Danois avaient 46 fois plus de rapports sexuels en vacances, la branche locale du tour-opérateur Thomas Cook incitait ses concitoyens, dans un clip promotionnel, à s’envoler pour des destinations romantiques. Le voyagiste proposait même une « réduction ovulation » : pendant trois ans, des produits pour bébés seraient offerts aux couples qui pourraient prouver que leur progéniture avait été conçue lors de leur escapade à Rome, ou à Paris ; et que le séjour avait été réservé via l’agence. Évidemment.

Franck Berteau

 

Dernière màj le 8 décembre 2016