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Crise des réfugiés : le repli des pays européens

Pays : Monde

Tags : Réfugiés, Croatie, Allemagne, France, Hongrie

Alors qu’une nouvelle réunion extraordinaire réunira les ministres de l’Intérieur des vingt-huit Etats membres de l'UE mardi 22 septembre, les pays européens font de plus en plus cavaliers seuls afin de gérer la crise des réfugiés au mieux sur leur territoire.

 

 

La Croatie, nouveau chemin vers Schengen ?

La Hongrie ayant fermé sa frontière avec la Serbie, les réfugiés n’ont pas d’autres choix que de passer par la Croatie pour rejoindre l’espace Schengen. Alors que déjà 13 000 réfugiés ont passé la frontière en moins depuis mercredi matin, le gouvernement croate a décidé de fermer temporairement ses frontières. Lui qui avait accueilli les réfugiés à bras ouverts mercredi, avait déjà revu son discours jeudi en annonçant qu'il y avait "des limites" dans les capacités d'accueil et d'enregistrement de la Croatie. Devant l'affluence des réfugiés qui espèrent passer par le pays pour rejoindre la Slovénie et l'espace Schengen, le gouvernement a pris la décision de fermer "jusqu'à nouvel ordre" sept des huit postes de frontière qui séparent la Serbie de la Croatie. Arrêtés en Serbie, de nombreux réfugiés vont jusque Sid, au niveau de la frontière serbo-croate afin de la traverser à travers champs. Selon la télévision serbe (RTS), une trentaine de bus transportant des réfugiés sont arrivés dans la nuit de jeudi à vendredi dans la ville serbe. 

 

La France "n’hésitera pas" à fermer ses frontières

Après que l’Allemagne a annoncé un renforcement des contrôles sur une partie de la frontière française, c’est au tour du gouvernement français d’évoquer la suspension de la libre-circulation. Manuel Valls a d’ores et déjà annoncé que la France "n’hésiterait pas" à fermer ses frontières : "Nous avons déjà rétabli ce printemps des contrôles temporaires à cette frontière. Et nous n'hésiterons pas à le faire de nouveau comme les règles de Schengen le permettent à chaque fois que les circonstances l'imposent, si c'est nécessaire dans les prochains jours ou prochaines semaines", a déclaré le chef du gouvernement, ce mercredi, lors d'un débat à l'Assemblée nationale sur l'accueil des migrants et des réfugiés. Le premier ministre a aussi annoncé l'augmentation de 279 millions d’euros du budget alloué à l’accueil des réfugiés et demandeurs d'asile et une hausse de 250 millions d’euros, sur douze mois, du budget pour l’hébergement d’urgence.

 

La tension monte à la frontière serbo-hongroise

La construction d’un mur de barbelés n’avait pas arrêté les réfugiés qui passaient par la Hongrie afin de rejoindre, pour la plupart d'entre eux, l’Allemagne. En réponse, le gouvernement a décidé de fermer totalement sa frontière avec la Serbie et annoncé la construction d'une nouvelle clôture au niveau de sa frontière avec la Roumanie. Au total, seuls quelques réfugiés ont pu passer dans le pays mardi dernier. La police hongroise a immédiatement arrêté les réfugiés. Sur les 367 personnes, 316 sont poursuivies pour avoir endommagé la clôture de barbelé et 51 pour l’avoir franchie. Selon la loi du pays, ils risquent entre trois et cinq ans de prison. Ce mardi, les tensions restaient palpables au niveau de la ville de Röszke, à la frontière serbo-hongroise, la police ayant dispersé la foule au moyen de gaz lacrymogène et de canon à eau.

 

 

Dernière màj le 8 décembre 2016