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Contre vents et marée, Angela Merkel veut poursuivre sa politique d'accueil des réfugiés

Pays : Allemagne

Tags : Angela Merkel, Réfugiés, Immigration

En baisse dans les sondages et critiquée dans les rangs de son propre parti, Angela Merkel n’entend pas abandonner pour autant sa politique d’accueil des migrants. Invitée mercredi d’un talk-show sur la chaîne publique allemande ARD après avoir adressé un discours devant les députés du Parlement européen, la chancelière a reconnu que l’accueil des migrants était sans doute la tâche la plus difficile depuis la réunification. Une difficulté qu’elle compte bien surmonter, quel que soit le prix à payer. 

L’accueil des réfugiés représente une responsabilité historique pour l’Allemagne et l’Europe ! ” a martelé Angela Merkel à plusieurs reprises durant le discours prononcé aux côtés de François Hollande devant le Parlement le 7 octobre. La chancelière fait face à des critiques grandissantes en Allemagne, alors que la grogne monte au sein de son propre parti : trente-quatre membres de la CDU lui ont adressé une lettre ouverte pour dénoncer sa politique d’accueil des réfugiés, tandis que selon les derniers sondages, seuls 35% des Allemands jugent que l’immigration présente “plutôt des avantages”. Pourtant, Angela Merkel ne recule pas et a réaffirmé sa détermination lors d'un talk-show sur l'antenne de l'ARD, mercredi. Pour elle, la solidarité n’attend pas. “Nous réussirons!” a-t-elle annoncé.

Transfert de responsabilité

Face à l’urgence de la crise des réfugiés, Angela Merkel n’a pas hésité à transférer la gestion de leur accueil du ministère de l'intérieur à la chancellerie. C'est désormais Peter Altmaier, ancien ministre de l’Environnement et bras droit d’Angela Merkel, qui est chargé de superviser les opérations tandis que Thomas de Maizière, le ministre de l’Intérieur, se voit retirer le dossier des mains, critiqué pour avoir tenu à plusieurs reprises des propos qu'Angela Merkel a dû rectifier, notamment sur l’instauration de sanctions pour les pays européens qui refusaient d’instaurer le système de quotas.

Insatisfaction croissante des électeurs

Le socle de confiance dont a bénéficié Angela Merkel durant ses dix années de mandat menace de s'effondrer. Sa popularité est en baisse : seuls 54% des Allemands sont aujourd’hui satisfaits de sa politique, contre 63% début septembre. Pendant que la chancelière s’exprimait sur la chaîne de télévision allemande, huit mille manifestants participaient à un rassemblement organisé par le parti eurosceptique Alternative pour l’Allemagne à Erfurt, dans l’est du pays. Leur slogan : “Merkel doit partir !” En début de semaine, des milliers de personnes ont répondu aux appels de Pegida à Dresde et Legida à Leipzig. Rappelons qu'au total, l’Allemagne pourrait accueillir 1,5 million de demandeurs d’asile en 2015. Rien qu'en septembre, le Land de Bavière a accueilli plus de 270 000 personnes.

Regagner la confiance

Le parti de la chancelière fait face à des divisions internes. En septembre, Horst Seehofer, leader de la CSU, l'allié bavarois de la CDU, a pris ses distances. Il critique ouvertement la manière actuelle de gérer la crise des réfugiés. Pour rassurer les électeurs allemands, Angela Merkel multiplie les rencontres, comme son intervention à la conférence de l’avenir organisée par la CDU ce jeudi 8 octobre. Elle entend bien continuer d’appliquer sa politique du "Yes we can", fière que l'Allemagne puisse accueillir les réfugiés qui frappent à sa porte.