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Comment sont financées les révolutions orange, comment est financé Canvas

Pays : Serbie

Tags : Popovic, CANVAS, activisme, pacifisme

Elections truquées, pouvoir qui se crispe, manifestations de masse. La vague de révolutions qui traverse la Serbie, l'Ukraine, la Géorgie et le Kirghizistan entre 2000 et 2006 suit toujours les mêmes schémas. Etrange coïncidence, cette vague est précédée par l'installation locale de riches et puissantes fondations politiques aux agendas très libéraux : "International Republican Institute" et "Projet de démocraties en transition", proches du Parti républicain de G.W. Bush, USAID, "National Endowment for Democracy" et "Freedom House", organisations qui soutiennent la liberté de la presse et sont souvent montrées du doigt pour leur proximité réelle ou supposée avec la CIA , ou encore "l'Open Society" du milliardaire hongro-américain George Soros. Les jeunes "révolutionnaires" venus renverser les caciques post-communistes sont souvent passés par leurs centres de formations. Comme le montre le documentaire de Manon Loizeau "Etats-Unis : à la conquête de l'Est" (Canal +, 2005), certains n'ont pas hésité à faire financer leurs campagnes de protestations par l'argent public américain volontiers déversé par l'équipe Bush pour à la fois soutenir la démocratie et déstabiliser l'ex-bloc de l'Est.

 

Est-ce suffisant pour accuser CANVAS d'être un suppôt de l'impérialisme néo-conservateur américain ? Son fondateur Srdja Popovic ne nie pas que des mouvements avec qui Canvas a collaboré ou conseillé aient pu être ainsi financés. Mais il insiste :  CANVAS est une petite ONG qui ne vit que des subventions non-étatiques, et "n'a jamais travaillé avec le National Endowment for Democracy ou l'Open Society Institute".  Popovic ne se prive pas non plus de critiquer certains mouvements révolutionnaires de cette époque, celui notamment du très américanophile ex-Président Saakachvili, devenu aussi autoritaire que ses prédécesseurs. Les principales subventions de CANVAS viennent de quelques grosses ONG comme Amnesty International, Greenpeace, ou le PNUD, et son principal actionnaire est le patron de la deuxième plus grande entreprise de téléphonie serbe Orion. Sur son site, les liens "amis" sont avant tout des universités américaines, même si on y trouve aussi Freedom House et l'Albert Einstein Institution de Gene Sharpe. Et Popovic de conclure : "Les financements gouvernementaux risquent toujours de nous retirer une part de notre indépendance."

Dernière màj le 8 décembre 2016