|

Christophe Honoré revisite "Cosi fan tutte" de Mozart

Pays : France

Tags : Christophe Honoré, Cosi fan tutte, Mozart

Comme chaque année, le Festival d'Aix-en-Provence a lancé son été lyrique par un Mozart, tradition oblige. Et lors de cette nouvelle édition, c’est "Cosi fan tutte", qu’Aix entend faire résonner tout le mois de juillet. 

Cet obscur objet qu’est le désir… 

Loin du marivaudage, Christophe Honoré transpose l’action de Naples à l’Afrique mussolinienne, en ces terres coloniales d’Ethiopie plombées par le soleil, infestées par le racisme qu’on dit malheureusement ordinaire. Et c’est là toute l’intelligence et la pertinence de la mise en scène qui régénère cette histoire, lui offre une nouvelle dimension, plus politique. Celle d’interroger la notion de l’étranger, plutôt que de rester sur la farce et le marivaudage. 
Il faut dire que l’argument du Livret de Da Ponte est pour le moins tarabiscoté. 

Les jeunes Ferrando et Guglielmo sont fiancés à deux sœurs, Dorabella et Fiordiligi. Afin de prouver à un vieux philosophe que leurs fiancées sont fidèles, ils font mine de partir à la guerre et reviennent déguisés sous de fausses identités pour les courtiser, et éprouver leur fidélité.

Ici, à Aix, Honoré plonge dans le milieu des colons -violent, raciste et corrompu- sortant ainsi brillamment de la simple farce. C’est aussi le désir qui apparaît chez les deux fiancées, celui qu’elles entendaient d’abord réprimer. 

C’est la troisième fois que Christophe Honoré s’empare de la mise en scène d’un opéra. Et c’est à l’un des chefs les plus mozartiens, Louis Langrée, qu’a été confiée la direction musicale de l’Opéra ; cela fait 16 ans qu’il ne l’avait pas dirigé. 

Dans cette série, nous suivrons les premiers moments de la répétition et du montage des décors jusqu’à la veille de la première, avec les différents protagonistes :

 

Dernière màj le 6 juillet 2016