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Chili : des vidéos chocs pour réclamer le droit à l'avortement

Pays : Chili

Tags : Avortement, Droit des femmes

Au Chili, une campagne vidéo fait le buzz ces dernières semaines sur Internet : de jeunes femmes démontrent comment interrompre leur grossesse "accidentellement". Lancés par une association féministe, ces spots provocateurs ont été vus par plus d'un million d'internautes.

Objectif : soutenir le projet de loi de légalisation de l'IVG thérapeutique, déposé en janvier par la présidente Michelle Bachelet. Très catholique, le Chili est l'un des rares pays au monde où l'avortement est totalement interdit. Résultat, c'est dans une dangereuse clandestinité que les Chiliennes se font avorter…

Chili : le droit à l'avortement

Les trois spots pour le droit à l'avortement

1. Tomber dans les escaliers

2. Se jeter sous les roues d'une voiture

3. Se cogner contre une borne incendie

Et dans le monde ?

Selon les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé, au moins quarante-quatre millions d’interruptions volontaires de grossesse ont eu lieu dans le monde en 2008. Près de la moitié étaient des avortements à risque. Une cinquantaine de pays autorisent les avortements sans justification médicale, morale ou économique. Dans la plupart des pays, seul l’avortement thérapeutique est permis, si des conditions exceptionnelles sont réunies. Cinq pays, dont trois en Amérique latine et deux en Europe, interdisent complètement ou pénalisent l’avortement.

L'état des lois sur l'avortement dans le monde
En vert foncé : légal sur demande ; en vert clair : légal en cas de viols, de risques pour la vie de la mère, de maladies mentales, de facteurs socio-économiques ou de malformations fœtales ; en orange : illégal, avec exceptions pour les viols, les risques vitaux, les malformations ou les maladies mentales ; en rouge : illégal, sans exception ; en noir : loi variable selon les régions (Mexique et Australie) ; en gris : pas d'informations.
Carte : ARTE Info. Sources : Wikipédia/CC BY-SA 3.0, The world's abortion laws 2015.

Cinq pays où l'avortement est pénalisé

L'interruption volontaire de grossesse...

... désigne l’avortement provoqué pour des raisons non médicales, souvent du fait d’un non-désir degrossesse.

Chili. Légalisé en 1931, puis interdit en 1989 à la fin de la dictature d'Augusto Pinochet, un projet de loi pour dépénaliser l'avortement est actuellement débattu au congrès. Si la loi passe, les femmes chiliennes pourraient avorter légalement dans trois cas : danger pour la vie de la femme, malformation du fœtus ou viol.

El Salvador. En 1998, l’assemblée législative modifie le code pénal dans le but de pénaliser l’avortement délibéré ou spontané, ainsi que l’avortement thérapeutique, qui inclut les exceptions suivantes : danger pour la vie de la femme, malformation du fœtus ou viol. Depuis, l’avortement est interdit en toutes circonstances et les femmes ou le personnel médical ayant commis un avortement font l’objet de lourdes peines - jusqu’à cinquante ans d'emprisonnement.

L'avortement thérapeutique...

... peut se pratiquer à tout terme de la grossesse si la vie de la mère est en danger ou si l'enfant à naître risque d'être atteint d'une maladie grave et incurable.

Nicaragua. L’avortement est prohibé depuis toujours. L’avortement thérapeutique, légalisé en 1893, est interdit depuis 2006. Aujourd’hui, toute forme d’avortement est un délit et peut entraîner une peine de prison allant de trois à six ans.

Malte. C'est le seul pays de l'Union européenne qui interdit l'avortement dans tous les cas et punit ce dernier avec une peine allant de dix-huit mois à trois ans de prison.

Vatican. Depuis le premier siècle, l’Eglise interdit l’avortement et cela n’est pas près de changer.

 

 

Dernière màj le 8 décembre 2016