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Charlie Hebdo : retour en 15 dates sur plus de 50 ans de satire

Pays : France

Tags : Charlie Hebdo, Biographie

Liberté de ton, humour piquant et irrévérence, Charlie Hebdo commente l’actualité et offre une critique acerbe de la société usant brillamment de la satire. Engagé politiquement, prônant des valeurs de gauche, Charlie Hebdo, descendant du mensuel Hara-Kiri, défend la laïcité bec et ongles. Célèbre pour avoir publié des caricatures du prophète Mahomet, ces Unes caricaturent notamment l’ensemble des extrémismes religieux.

 

Qui étaient Cabu, Charb, Tignous,  Wolinski et Honoré, les cinq dessinateurs tombés sous les balles des barbares, ce mercredi 7 janvier ?

 

Une dessinée par Cabu parue en 2006, lorsque Charlie Hebdo 
avait reproduit les caricatures du prophète
Mahomet publiées dans le journal danois "Jyllands-Posten".

Né en 1938, Jean Cabut, connu sous le pseudonyme Cabu, publie ses premières illustrations en 1954 dans le quotidien local L’Union de Reims. Célèbre pour ses personnages du Grand Duduche et du "beauf", Jean Cabut dessine dans différents journaux : Hara Kiri, Le Canard Enchaîné, Charlie Hebdo, Le Figaro et bien d’autres. Il collabore également à des émissions télévisées comme "Droit de réponse" et "Récré A2", où il dessine en direct. Devenu directeur artistique de Charlie Hebdo, il caricaturait notamment le djihad et la progression de l’extrême-droite. "Parfois, le rire s’étrangle, mais c’est notre seule arme, l’humour", confiait-il, dans une interview à Ouest-France le 27 décembre dernier.

 

L'un des derniers dessins de Charb,
paru dans "Charlie Hebdo" du 7 janvier. Prophétique...

Charb, de son vrai nom Stéphane Charbonnier, était le directeur de la publication de l'hebdomadaire satirique depuis mai 2009 - et le départ de son prédécesseur Philippe Val. Il avait aussi été dessinateur pour L'Écho des savanes, Télérama, L'Humanité et Fluide glacial. Charb avait été placé sous protection policière en 2011, après l'incendie criminel qui avait visé les locaux de l'hebdomadaire et les menaces proférées à son encontre. Suite à cela, il avait déclaré au Monde ne pas craindre les représailles : "Je n'ai pas de gosses, pas de femme, pas de voiture, pas de crédit. C'est peut-être un peu pompeux ce que je vais dire, mais je préfère mourir debout que vivre à genoux."

 

 

 

Dessin de Tignous.

Dessinateur de presse et humoriste né à Paris en 1957, Tignous avait fait ses débuts dans la bande dessinée et l’illustration, avant de se tourner vers la presse à partir de 1980. Ses premiers dessins sont apparus dans L’idiot international, La grosse Bertha et L’événement du jeudi. Tignous publiait régulièrement dans Charlie Hebdo et Marianne, et collaborait également avec Fluide Glacial et L’Echo des Savanes.

 

 

 

 

 

Georges Wolinski était, à 80 ans, le doyen de Charlie Hebdo. Après avoir rejoint l’équipe d’Hara Kiri en 1960, il est le rédacteur en chef de Charlie Hebdo de 1970 à 1981. Dessins de presse, caricature, bande dessinée, Wolinski avait pour thèmes de prédilection les femmes et la politique. Il collaborait avec de nombreux journaux comme L’Humanité, Le Nouvel Observateur, Paris Match ou encore le JDD où il commentait chaque dimanche l’actualité. Il avait également travaillé pour des campagnes publicitaires et réalisé près de six cents affiches. En 2005, il reçoit le Grand prix de la ville d’Angoulême lors du Festival international de la bande dessinée. Dans une interview donnée à Paris Match en 2012, il déclarait : "Cabu et moi, on n’est pas vraiment des provocateurs. On ne cherche pas la bagarre. On n’est pas comme Siné, pour qui un dessin qui n’est pas censuré n’est pas un bon dessin. On cherche à faire de bons dessins marrants, qui fassent rigoler les gens. Parfois, on va un peu trop loin, mais les gens aiment bien ça."

Le documentaire "J'étais un sale phallocrate", avec Wolinski, à voir en replay sur ARTE +7.

 

Né en 1941, Philippe Honoré avait commencé à dessiner dans la presse au début des années 70 (quelques pages dans Hara-Kiri), devint ensuite illustrateur pour de nombreuses publications (Le Monde, Lire, Le Magazine littéraire, La Vie ouvrière, etc.) et publia aussi irrégulièrement des dessins d’actualité (Le Matin, Libération), ce qui deviendra son activité principale avec la première guerre du Golfe (La Grosse Bertha) et le retour de Charlie Hebdo en 1992.

 

 

Le dernier tweet de Charlie Hebdo avant le massacre du 7 janvier, un dessin d'Honoré.

 

Dernière màj le 8 décembre 2016