|

"Cette terre est à nous, elle nous a été léguée par nos pères"

Pays : Israël

Tags : Uri Ariel, Colonisation, Gaza

Ministre de l'Agriculture de Benyamin Netanyahou, Uri Ariel est l'un des ténors du parti des colons, le Foyer Juif. Il fut un adversaire résolu du retrait de Gaza et prône aujourd'hui l'annexion d'une partie de la Cisjordanie.

ARTE Info : Dix ans plus tard, quel bilan tirez-vous de ce retrait auquel vous étiez viscéralement opposé à l'époque ? 

Uri Ariel : Rien de bon n'est sorti de l'expulsion des Juifs du Goush Katif. Dès que nous sommes partis, le Hamas a pris le pouvoir et n'a cessé d'attaquer Israël avec ses roquettes. Des milliers de gens ont été chassés de chez eux et les Palestiniens eux-mêmes se sont appauvris. 

Ce retrait a été un échec cuisant pour le mouvement des implantations...

L'échec est surtout du côté des dirigeants de l'époque. Les gens du Goush Katif, eux, ont manifesté une réelle faculté à se relever et à reconstruire. La leçon de tout cela c'est qu'il faut travailler davantage pour que le peuple d'Israel dans son ensemble comprenne que cette terre est à nous, qu'elle nous a été léguée par nos pères. Il faut aussi continuer de construire toujours plus en Judée-Samarie (nom biblique de la Cisjordanie, NDLR) où la population juive a augmenté de manière significative depuis le retrait de Gaza.

Mais cette colonisation compromet la solution à deux États. Vous ne craignez pas qu'Israël ne devienne un État binational avec une très forte minorité palestinienne ? 

Je pense qu'il faut d'abord annexer la zone C, c'est à dire 50 % de la Judée-Samarie environ. Cela comprend la vallée du Jourdain, la région du Goush Etsion au sud de Jérusalem, le bloc d'Ariel près de Tel-Aviv etc. 400 000 Juifs y vivent et seulement 40 000 Arabes. Il n'y aura donc pas de problème démographique. Ensuite, progressivement, nous irons plus loin. 

Dernière màj le 8 décembre 2016