|

Catalogne : victoire de justesse des indépendantistes

Pays : Espagne

Tags : Catalogne, Espagne, Indépendantisme, crise politique

Jeudi 21 décembre, 82% des Catalans se sont déplacés pour les élections régionales : un record historique de participation dans la région. À l'issue du scrutin, les trois partis indépendantistes obiennent la majorité en remportant 70 des 135 sièges au parlement catalan. Une victoire importante, qui pose un défi majeur au gouvernement de Mariano Rajoy. Les indépendantistes pourront donc gouverner, mais ils doivent parvenir à former une coalition. 

"L'Etat espagnol a été vaincu. Rajoy et ses alliés ont perdu!", a clamé depuis Bruxelles M. Puigdemont. Jeudi 21 décembre, les trois partis indépendantistes catalans (ERC-CatSi, Ensemble pour la Catalogne et CUP) ont confirmé la tendance et remporté 70 des 135 sièges que comporte le parlement catalan. Ils égalent quasiment leur score des dernières élections, en 2015. 

En termes de pourcentage des suffrages, c'est pourtant le parti centriste Ciudadanos qui est arrivé en tête, avec 25% des voix. Mais la loi électorale catalane prévoit un système de pondération des voix qui avantage les provinces rurales, où les indépendantistes sont très implantés. C'est ce système qui explique leur plus grand nombre de sièges au parlement régional.

Avec un président exilé, qui pour gouverner ? 

 

Mais si les indépendantistes arrivent à s'entendre pour gouverner, quels seront les membres du cabinet régional ? M. Puigdemont est inculpé pour "rébellion" et "sédition" et s'il rentre en Espagne, il sera arrêté. Le chef du deuxième parti indépendantiste, Oriol Junqueras, son vice-président, lui aussi poursuivi, est déjà en prison.

M. Puigdemont avait déclaré le 12 décembre qu'il reviendrait en Espagne s'il pouvait être investi président. Rien ne s'oppose en principe à ce qu'un dirigeant politique poursuivi soit investi, puisqu'il n'est pas condamné. Mais encore faut-il qu'il reste libre.

Et dans son entourage, on laissait entendre, avant le scrutin, qu'il faudrait "qu'on lui permette de rentrer", autrement dit qu'il n'y ait pas d'arrestation à la clef. Il "pourra alors commencer une négociation".

 

"Chaque camp pourra se proclamer vainqueur"

 Juste après l'annonce des résultats, un électeur indépendantiste de gauche évoquait "une sensation étrange": "chaque camp pourra se proclamer vainqueur. Cela reflète bien la réalité, qui est que la Catalogne est politiquement divisée et que la seule façon de trancher la question est de la poser clairement dans un référendum".

En effet, les Catalans partisans de l'union avec l'Espagne, ont eux aussi fait entendre leurs voix et veulent être pris en compte. C'est d'ailleurs le parti libéral et anti-indépendantiste Ciudadanos qui a obtenu le plus grand nombre de voix. "Les partis nationalistes ne pourront plus jamais parler au nom de toute la Catalogne, car la Catalogne c'est nous tous", a martelé sa dirigeante catalane, Inès Arrimadas. Au terme de ces élections, la situation reste extrêmement complexe dans la région catalane. 

 

 

Dernière màj le 22 décembre 2017