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"Carol" : l'amour interdit, au temps des années 50

Pays : États-Unis

Tags : Cinéma, Homosexualité

Cinéaste aussi rare que précieux, Todd Haynes n'a signé que six longs métrages en vingt-cinq ans de carrière. I'm not there, sa variation biographique sur Bob Dylan, remonte à 2007, et Loin du Paradis à 2002. Dans ce dernier film, Todd Haynes payait son tribut aux grands mélos du cinéma américain des années 50, et plus spécifiquement à ceux réalisés par Douglas Sirk. 

Cette époque est aussi le théâtre de Carol, un film adapté du second roman de Patricia Higsmith, publié sous pseudonyme. The Price of Salt relatait l'amour entre deux femmes, sujet osé en 1952, l'année où l'Association des psychiatres américains ajoutait l'homosexualité à la liste des maladies mentales.

Si la reconstitution d'époque est splendide, notamment grâce au remarquable travail sur l'image d'Ed Lachman, on aurait tort de voir en Todd Haynes un spécialiste du "period movie". Son propos a toujours était contemporain, en phase avec les changements de société, même dans Loin du Paradis ou dans Velvet Goldmine, son ode au glam-rock.

Carol brille aussi par son interprétation. A Cannes, nombreux sont ceux qui avaient misé sur Cate Blanchett pour rafler le prix d'interprétation, tout en souhaitant qu'elle le partage avec Rooney Mara. A l'arrivée, c'est cette dernière qui fut primée, ex-aequo avec Emmanuelle Bercot pour Mon roi.

Grand favori des Golden Globes dimanche dernier, le film, qui sort en salles ce 13 janvier, n'a remporté aucun trophée. ARTE Journal avait rencontré Todd Haynes et Rooney Mara à Cannes, en mai 2015.

Au cinéma : "Carol"
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Dernière màj le 8 décembre 2016