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Cannes 2014 : un palmarès ouvert !

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Tags : Cannes 2014, Festival, Cinéma, Palmarès

Cela faisait très longtemps que les pronostics pour savoir qui aura la Palme d’Or n’avaient été aussi ouverts. 2014 a été une édition binaire, composée de grands films politiques revenant sur le statut fragilisé de l’Etat, et de grands films intimes tentant de définir l’homme contemporain de façon métaphysique, d’où un grand nombre de personnages qui se demandent comment ils vont vieillir, quel va être l’avenir de l’Homme, en quelque sorte.


Premiers prix dévoilés, les prix d’interprétation. Cette année, le jury a privilégié la performance, les rôles fous, rugueux, extravertis et mal élevés. Pour les hommes l’anglais Timothy Spall incarne pendant plus de deux heures un "Mr Turner" mal embouché, égocentrique et génial sous la direction de Mike Leigh. Pour les femmes, c’est une Julianne Moore hurlante, autocentrée et formidablement monstrueuse dans le rôle d’une comédienne hollywoodienne has been qui rafle le prix dans "Maps to the stars" de David Cronenberg.

 

Si les prix d’interprétation vont surtout à des rôles intimes, le prix du scénario va à un film éminemment politique : "Leviathan" du russe Andrey Zvyagintsev. Un prix mérité pour un film qui dresse un portrait glaçant d’une Russie où l’Etat tout puissant écrase les individus, avec profondeur et humour noir. 

 

Le prix du jury revient à un duo inattendu, au très jeune Xavier Dolan (25 ans) et au toujours très jeune Jean-Luc Godard (83 ans). Soit deux films très différents : le très organique et merveilleux "Mommy" de Dolan et le très politique "Adieu au langage". Les deux films ont cependant un point commun : ils parlent de la vie dans notre société occidentale actuelle et de ses mutations nécessaires.

 

Prix de la mise en scène à l’américain et nouveau venu à Cannes, Bennett Miller, pour "Foxcatcher", et sa réalisation précise transformant chaque scène en chorégraphie ultra contrôlée.

 

Le grand prix, dit prix du cœur, revient à l’italienne Alice Rohrwacher pour "Les Merveilles", le seul film de tout ce palmarès, à miser sur la discrétion, le naturel, voire l’improvisation. 

 

Enfin la Palme d’or revient à un film somme, le plus long de la sélection (plus de 3h) "Sommeil d’hiver", du turc Nuri Bilge Ceylan. Comme beaucoup de cinéastes récompensés, durant le dévoilement de ce palmarès, Ceylan a dédié son prix à la jeunesse, celle de son pays.

 

Ce palmarès 2014 se révèle alors puissamment classique et savamment dosé entre récompenses à la jeunesse, comme un encouragement, une audace à suivre, et reconnaissance de talents confirmés dont les réflexions sur le monde sont évidemment très amples et très sûres.

 

>> Palme d'or :  "Winter Sleep" de Nuri Bilge Ceylan 

>> Grand Prix du Jury : "Les Merveilles" d'Alice Rohrwacher 

>> Prix de la mise en scène : Bennett Miller pour "Foxcatcher"

>> Prix du jury ex æquo : "Mommy" de Xavier Dolan

>> Prix du jury ex æquo : "Adieu au langage" de Jean-Luc Godard

>> Meilleure interprétation féminine : Julianne Moore dans "Maps to the Stars" de David Cronenberg

>> Meilleure interprétation masculine : Timothy Spall dans "Mr Turner" de Mike Leigh

>> Prix du scénario : Oleg Negin pour "Leviathan" d'Andrey Zvyagintsev

>> La caméra d’or : "Party Girl" de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis ​ ​

 

Dernière màj le 8 décembre 2016