A Burj el-Barajneh, Atiq Rahimi en toutes lettres

8 novembre 2014

L’exil et le quotidien d’un réfugié, Atiq Rahimi sait ce que c'est. A 20 ans, il a quitté l’Afghanistan, fuyant la guerre civile et l’occupation soviétique. C’est dans la langue de son pays d’accueil, la France, qu’il écrit "Syngué Sabour. Pierre de patience", prix Goncourt 2008. Ce récit d’un huis-clos entre une femme afghane et son mari dans le coma - alors que dehors se joue une guerre - est un roman sur une parole qui se libère. Il est adapté au cinéma en 2013, réalisé par Atiq Rahimi lui-même et magistralement interprété par Golshifteh Farahani. Romancier, réalisateur, observateur, le Franco-Afghan déambule dans les rues de Burj el-Barajneh, où il est difficile de voir le ciel. De ses promenades et de ses rencontres, il en a ramené des lettres.

"L’exil, tour et détour"

"L’exil m’appelle. Et je pars, sans m’interroger. Cette fois-ci, il m’appelle du Liban, d’un camp de réfugiés."

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Première lettre

"C’est ici, dans ce Nâ-koja-âbâd, comme on dit dans ma langue maternelle, dans ce nulle-part-ville, que j’ouvre une première lettre que tu as écrite sur des papiers volants."
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Troisième lettre

"Depuis soixante-six ans d’insomnie, les rêves ne sont que des souvenirs d’un espoir, celui de pouvoir dormir une nuit sur un lit - doux comme nuage - sans démons ni vermines !"
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Cinquième lettre

"Il se dit désespérément que si les Palestiniens s’abîment dans cette errance, c’est pour qu’ils éprouvent la souffrance des enfants errants d’Abraham !"

"Mot pour Mot", avec Atiq Rahimi

A son retour du camp palestinien de Burj el-Barajneh, Atiq Rahimi revient sur son expérience dans l’émission "Mot pour mot" d’ARTE Reportage.

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