|

Bulgarie - Les flics ripoux sous surveillance

Pays : Bulgarie

Tags : Corruption, police

Filmer les policiers lors des contrôles routiers, les faire surveiller par d'autres agents… C'est la dernière idée du gouvernement bulgare pour lutter contre la corruption qui gangrène la police.

Un petit billet pour fermer les yeux sur un excès de vitesse ? Un pot de vin pour faire sauter un PV de stationnement? Bienvenue en Bulgarie où les infractions routières se règlent à grand renfort de bakchichs et de petits arrangements.

Il y a encore quelques jours, une vidéo publiée sur internet immortalisait une scène devenue monnaie courante dans le pays. On y voit, filmé en caméra cachée, un agent de police en train d'accepter un billet de 20 lev (10 euros) de la part d'un automobiliste, lors d'un contrôle routier dans les rues de Sofia. Une vidéo devenue en quelques jours le symbole de la corruption endémique qui gangrène le pays. On estime que 150 000 pots de vins, allant du petit bakchich au gros dessous de table, seraient versés chaque mois en Bulgarie.

 

« Succomber à la tentation… »

Face à cette incurie, l'État bulgare se devait d'intervenir. Le 25 novembre, le ministre de l'Intérieur Vesselin Vuchkov a dégainé un nouvel arsenal de mesures qui concernent spécifiquement les contrôles routiers. Dans les prochains mois, 450 véhicules de police vont être équipés de micros et de caméras afin de mieux détecter les cas de corruption, relate The Sofia Globe.  Les contrôles routiers filmés devraient se faire en présence d'au moins deux véhicules de police. « Il est curieux de mobiliser des policiers, non pas pour pourchasser les grands criminels, mais pour surveiller leurs collègues qui, livrés à eux-mêmes, succomberaient à la tentation », s'étonne le journaliste bulgare Ivo Indjev sur son blog, relayé par eurotopics.net. « Et comment être sûr qu'il existe un seul policier incorruptible, devant lequel les autres auraient peur ou honte d'accepter un bakchich d'un automobiliste ? », questionne-t-il.

De son côté le ministre de l'Intérieur veut croire que ce train de mesures permettra de réduire de 80 % les cas de corruption lors des contrôles routiers, sans pour autant fragiliser la lutte pour la sécurité routière. 

Déjà, début novembre, une quarantaine de douaniers bulgares avaient été interpellés lors d'un vaste coup de filet mené par la police à la frontière entre la Bulgarie et la Turquie. Ils sont soupçonnés d'avoir soudoyé de façon systématique les automobilistes et les poids lourds traversant la frontière.

 

Manuel Vicuña 

 

 

Dernière màj le 8 décembre 2016