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Bruxelles débat des djihadistes européens en Syrie

Pays : Syrie

Tags : Djihad, UE, Syrie

Échange de chiffres, analyses, mise en commun de mesures pour tenter d'empêcher le départ de jeunes Européens en Syrie. L'UE s'est penchée sur la question ce jeudi 8 mai lors d'une réunion à Bruxelles. L’avocat Thibault de Montbrial commente pour ARTE Journal quelques points-clés.

Combien sont-ils ces jeunes Européens dans les rangs des groupes djihadistes ? On évalue leur nombre entre 1500 et 2000 selon les dernières estimations des autorités européennes. Au moins 25% d’entre eux seraient des Français partis combattre en Syrie. La France est le pays qui a le plus tardé à prendre des mesures même si un plan anti-djihad a été annoncé le 23 avril par le gouvernement de Manuel Valls. 

 

Une réunion internationale consacrée aux départs de combattants en Syrie s'est déroulée ce jeudi 8 mai à Bruxelles. Autour de la table étaient réunis les neuf pays européens directement concernés par ces djihadistes étrangers en Syrie, parmi lesquels la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la Belgique ainsi que des représentants des Etats-Unis, de la Turquie, du Maroc, de la Jordanie et de la Tunisie. Une occasion rare, également, de mettre en commun des données chiffrées et d’échanger outils et analyses.

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Dans la majeure partie des pays européens, chacun cherche encore la bonne stratégie même si un constat apparaît : la logique de répression n’est pas la plus efficace et, surtout, elle ne peut être la seule. En effet, de nombreux pays se sont dotés de plans de prévention très en amont. 
Ainsi au Royaume-Uni, en Autriche, en Belgique ou aux Pays-Bas, de nombreux acteurs se mobilisent (psychologues, services sociaux, policiers, éducateurs, magistrats, responsables religieux) pour constituer un maillage local de manière à signaler et à prévenir les comportements extrémistes. 
 

En Grande-Bretagne, il s’agit du "Plan Prevent" mis en place en 2007, dont la France veut désormais s’inspirer. Son objectif : stopper la propagation d’idéologies extrémistes puis identifier les personnes les plus vulnérables. 
 

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La prévention passe aussi par la surveillance du web. Dans certains cas, comme cela existe outre-Manche, cela passe par la suppression de certains sites internet dont les contenus sont susceptibles d’alimenter les filières djihadistes. 

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Autre mesure possible, envisagée en France : la confiscation des passeports comme en Allemagne, aux Pays Bas ou en Angleterre. Plus radicale, il y a aussi la déchéance de nationalité, uniquement appliquée au Royaume-Uni et pour les seuls cas de binationaux (20 cas ont été recensés en 2013). Les Pays-Bas souhaitent appliquer appliquer cette mesure.
 

Concernant les droits sociaux, certaines villes belges comme Vilvoorde ont retiré le régime d’allocations ou de chômage à des nationaux ayant fait le choix du djihad. 
 

La préparation individuelle d’actes terroristes et l’entraînement au terrorisme constituent un crime en Allemagne, en Belgique et au Royaume Uni. De même, se procurer les moyens d’agir soi-même, de rechercher des informations ou d’inciter au terrorisme sont une infraction en Espagne et au Royaume Uni. En France, tout cela reste pour l’heure impossible. Une nouvelle infraction devrait être créée et c’est justement ce que demandent le juge antiterroriste Marc Trévidic et l’avocat Thibault de Montbrial dans une tribune publiée dans les colonnes du journal Le Figaro le 25 avril dernier. 
 

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Dernière màj le 8 décembre 2016