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Brexit : les banques en panique

Pays : Royaume-Uni

Tags : referendum britannique, Banque

Après que les Britanniques se sont prononcés en faveur d’une sortie de l’Union européenne lors du référendum organisé le 23 juin en Angleterre, la livre britannique est tombée à son plus bas niveau depuis trente ans. Conséquence : plusieurs banquiers préparent leurs valises pour quitter Londres, (ex?)capitale financière de l’Europe.

La panique a saisi des marchés mondiaux dès l'ouverture, ce 24 juin. La devise britannique a perdu près de 12% de sa valeur : 1,3 dollar pour une livre, après avoir atteint 1,5 dollar depuis mi-décembre. Ce sont évidemment les 51,9% des voix pour la sortie de l’Angleterre de l’UE qui ont bouleversé les Bourses européennes. A Paris et Francfort la chute est de 10%. "C'est l'un des plus gros chocs sur les marchés de tous les temps", estime Joe Rundle, un analyste d’ETX Capital. "Nous entrons vraiment dans des eaux inconnues", renchérit Chris Bickerton, spécialiste de l’EU à l’Université de Cambridge.

 

Résultat inattendu, impact imprévisible

Londres accueille de nombreuses banques européennes, mais aussi américaines qui se servaient jusqu'à présent de la City comme base avancée pour les marchés européens. Toutes ces banques voulaient que le Royaume-Uni reste dans l’EU, certaines participaient d'ailleurs à la campagne du "Remain" ("Rester"). Elles songeraient maintenant à déménager vers Francfort, Paris ou Dublin. 

La banque  américaine JPMorgan a déjà annoncé vendredi matin qu’elle pourrait déplacer ses 16000 employés ; c’est aussi le cas de la banque britannique HSBC qui a évoqué la possibilité d'envoyer un millier de personnes à Paris. John Cryan, le dirigeant de Deutsche Bank a mis en place un groupe de travail pour rapatrier certaines activités en Allemagne. Cette banque allemande emploie 9000 personnes en Angleterre.

"Je doute qu’il y ait des coupes dramatiques et immédiates, ce sera plutôt un lent mouvement d’érosion de l’emploi dans la City ", rassure Thorsten Beck, professeur à la Cass Business School de Londres.

Le PricewaterhouseCoopers (PwC), l’un des plus grands cabinets d’audit et de conseil, estime que les conséquences du Brexit pourraient coûter de 70 000 à 100 000 emplois dans le secteur des services financiers britanniques jusqu’en 2020.    

 

La Banque d’Angleterre est prête à agir   

Alors que la livre s’est effondrée au niveau le plus bas depuis 30 ans, la Banque d’Angleterre (BoE) a annoncé qu’elle est "prête à agir pour assurer la stabilité monétaire et financière du Royaume-Uni." Elle est "également capable de fournir des liquidités considérables en devises étrangères, en cas de besoin," a ajouté Mark Carney, le gouverneur de la BoE. 250 milliards de livres (326 milliards d’euros) de fonds additionnels vont assurer le fonctionnement des marchés.  

 

Les banques américaines et chinoises resteront à Londres

"La City restera un centre majeur pour les banques américaines et chinoises", dit Huw Macartney, professeur à l’université de Birmingham. "Même si Paris et Francfort aimeraient profiter du Brexit, le grand bénéficiaire devrait être New York car les grandes banques se tournent de nouveau vers l’autre rive de l’Atlantique", conclut-il.   

 

Dernière màj le 25 juin 2016