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Blackstone, fonds vautour

Pays : Espagne

Tags : Blackstone, Immobilier, expulsion, expropriation

Richissime, ce fonds spéculatif rachète en Europe, aux banques en faillite, les prêts immobiliers de particuliers qui se retrouvent expulsés de leur logement.

« Notre stratégie est simple : acheter, transformer, revendre ». Voilà comment les propriétaires de Blackstone définissent l’activité de leur entreprise. Créée en 1992 par d’anciens banquiers de Leman Brothers, la société américaine est devenue le premier fonds spéculatif mondial dans l’immobilier, et pèse aujourd’hui 92 milliards d’actifs. Complexes hôteliers, immeubles de bureaux, logements, Blackstone rachète à tout va.

Classée dans la catégorie des fonds « vautours » car ayant soi-disant la faculté, comme les volatiles voraces, de se jeter sur ce qui est « pourri » pour le transformer en bonne affaire, la société américaine a décidé d’attaquer le marché espagnol à partir de 2008, profitant de la crise et de l’éclatement de la bulle immobilière. Dans le pays, Blackstone a déjà investi sept milliards d’euros. À Barcelone, le fonds spéculatif a repris une part des activités de la grande banque régionale Caixa Catalunya et a racheté à prix cassés les 90 000 prêts immobiliers de ses clients : 3,6 milliards au lieu de 6,4 milliards d’euros.

« Blackstone : nous allons nous battre pour nos maisons »

Sauf que, pour les propriétaires, cette ruée vers l’immobilier est souvent synonyme d’expulsion car Blackstone n’hésite pas à augmenter les crédits des appartements dont elle rachète les emprunts. Entre 2008 et 2013,  327 000 Espagnols ont été expulsés de leur logement. En réponse à ce phénomène, des mouvements anti-expulsion se sont formés. Les manifestants ont ainsi pour habitude d’empêcher les opérations d’expropriation menées par la police en s’installant au bas des immeubles. Cette initiative a pris une telle ampleur qu'elle a forcé le gouvernement de Mariano Rajoy à instituer un moratoire temporaire sur les expulsions en 2012. Mais elles n’ont pas tardé à reprendre de plus belle.

Le 11 février 2015, la révolte contre Blackstone a même pris des airs de solidarité internationale. Ce jour-là, les défenseurs du droit au logement se sont rassemblés simultanément à Barcelone, New-York et San Francisco pour protester contre les agissements du fonds vautour. Vêtus de t-shirts verts estampillés « Stop Eviction ! » (« Halte aux expulsions ! »), des milliers de participants avaient alors marché et chanté à travers les rues espagnoles et américaines, reprenant les slogans d’une vidéo adressée au fonds spéculatif via les réseaux sociaux : « Blackstone, nous allons nous battre pour nos maisons. »

 

Dernière màj le 11 janvier 2017