A Belgrade, un boulevard parlementaire s'ouvre pour Aleksandar Vucic

Pays : Serbie

Tags : Serbie, Vucic, Elections

Le Parlement serbe n'avait connu de tel raz-de-marée électoral depuis 1990 et la victoire du parti de Slobodan Milosevic. Cette fois, c'est le Parti du progès d'Alexsandar Vuvic qui vient de raffler près de la moitié des voix aux élections législatives de dimanche. Un pouvoir à une tête qui promet de relever une Serbie exsangue.

Des réformes économiques efficaces et une lutte sans merci contre la corruption. Aleksandar Vucic, vice-Premier ministre sortant, va pouvoir mettre ses promesses à exécution.

 

Sa formation politique, le SNS ou parti du progrès, conservatrice et pro-européenne, a bel et bien obtenu la majorité des votes aux élections législatives anticipées avec 48,34 % des voix. Sur les 250 sièges que compte le Parlement serbe, 158 seront donc occupés par des députés du SNS. Loin derrière ce score écrasant, leurs alliés socialistes du gouvernement sortant arrivent seconds dans le scrutin avec 13,51% de votes favorables.

 

Comme le prédisaient les sondages, l'opposition est largement vaincue. Le Nouveau parti démocratique de l'ancien président Boris Tadic a gagné seulement 5,71% de voix et le Parti démocratique de Dragan Djilas, l'ancien maire de Belgrade, à peine 6%. Les quelques sièges restant seront vraisemblablement attribués aux partis des minorités hongroise, albanaise et musulmane.

 

Deux ans après sa victoire aux législatives de 2012, Vucic espérait renforcer sa main mise sur le parlement afin de mettre en œuvre des réformes de fond qu'il a lui-même qualifiées de douloureuses. Avec ce vote plébiscite, la voie est désormais plus que libre. Reste à savoir s'il s'appuiera sur un partenaire de coalition pour gouverner et si oui, lequel ?

 

Avant même le scrutin de dimanche, il avait déjà fait part de son intention de faire adopter par le parlement un ensemble de lois délicates et ce, avant la pause estivale. Les chantiers sont énormes : réorganisation des services publics largement déficitaires, lutte contre la dette publique qui dépasse les 60% du PIB, réforme du droit du travail et refonte d'un système des retraites au bord de la banqueroute.

 

Côté politique extérieure, pas de suspens. Le vice-Premier ministre devrait poursuivre les négociations d'adhésion à l'Union Européenne. Les affiches de la campagne ont d'ailleurs donné le ton, l'ancien nationaliste pourfendeur de Bruxelles, y posant sur fond de drapeau européen. Mais qui dit adhésion dit Pristina. Vucic s'est déjà attaqué à ce chantier. En deux ans passés au pouvoir, le gouvernement du SNS a amélioré d'une manière spectaculaire les relations avec l'ancienne province serbe du Kosovo même s'il ne la reconnaît toujours pas comme un État indépendant.

 

 

Cecil Thuillier, Max Knieriemen et Yannick Cador