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Belgique – La bière victime du climat

Pays : Belgique

Tags : bière, alcool, brasserie

À Bruxelles, l’un des derniers brasseurs artisanaux a été contraint d’arrêter sa production. En cause : le réchauffement climatique.

Le réchauffement climatique ne tourmente pas seulement les ours polaires. Il pourrait aussi inquiéter les buveurs de bière. Le mardi 3 novembre 2015, en raison de températures trop douces pour la saison, une brasserie artisanale belge a dû interrompre le brassage de la boisson alcoolisée. « Trois brassins, aujourd’hui [mardi], jeudi et lundi prochains, ont du être annulés car les températures nocturnes atteignent en ce moment 10 à 15 degrés, commente Jean Van Roy, gérant de la brasserie Cantillon, à Bruxelles. Ce qui est beaucoup trop doux. » Contrairement à ce qui a cours dans la production industrielle, Cantillon respecte scrupuleusement la tradition qui veut que le moût (la mixture destinée à la fermentation) refroidisse à l’air libre, pour se charger naturellement avec les levures sauvages présentes dans l’atmosphère.

Fondée en 1900, la brasserie artisanale, qui fabrique de façon naturelle du Lambic, de la Gueuze et de la Kriek (du flamand « cerise »), espérait produire cette année quelque 400 000 bouteilles et recevoir 50 000 visiteurs. « Pour un refroidissement optimal, il doit faire entre moins trois degrés et huit degrés », estime Jean Van Roy. « Le réchauffement climatique se fait clairement ressentir depuis vingt ans. Mon grand-père, il y a 50 ans, brassait de la mi-octobre jusqu'aux Saintes Glaces, en mai. Moi, je n'ai jamais pu faire ça de ma vie, et j'en suis à ma quinzième saison ! », raconte-t-il.

La crainte d’une fermeture

« L'an passé on n'a commencé que le 10 novembre », poursuit le brasseur, et terminé plus tôt. « Je m'adapte parce que je n'ai pas d'autres options, et je le regrette évidemment », confie-t-il. Jean Van Roy dit craindre, à long terme, pour l'entreprise. « On n'a que cinq mois pour brasser et notre production est très restreinte, explique-t-il. Si on perd une semaine, on peut encore voir venir, mais trois semaines ou plus, ça serait beaucoup plus compliqué. »

 

Dernière màj le 8 décembre 2016