Belgique : ces français "indésirables"

Pays : Belgique, Suisse

Tags : UE, Explusion, Belgique

La Belgique n'est pas tendre avec ses ressortissants étrangers. La politique anti-crise a fait grimper le nombre d'expulsions en flèche. La plupart concerne des roms ou des citoyens d'origine roumaine ou bulgare. En cela le pays ne fait en rien exception. Ce qui est nouveau, c'est que parmi les expulsés, on retrouve de plus en plus de Français. Bien que citoyens européens et bénéficiant à ce titre de la liberté de circulation, ces derniers sont priés de plier bagage dès lors qu'ils coûtent trop cher à l'Etat belge. En cas de chômage par exemple.

Européens ou non, la Belgique a choisi de ne pas faire de distinction pour renforcer sa politique d'immigration. En 2010, le pays avait n'avait expulsé de son territoire 343 citoyens de l'Union Européenne, un chiffre qui a récemment explosé. Durant les 6 premiers mois de 2013 quelques 1918 personnes étaient concerné, parmi lesquelles 133 français. Pour justifier cette entorse à la liberté de circulation, le pays s'appuie sur un article d'une circulaire européenne de 2004 qui permet aux pays d'accueil d'éviter "que les personnes exerçant leur droit de séjour ne devienne une charge déraisonnable pour le système d'assistance sociale de l'État membre d'accueil". C'est cette notion de "charge déraisonnable" qui est systématiquement mise en avant par les autorités belges en cas d'expulsion de citoyen européen, une notion relativement floue qui laisse donc une part d'interprétation non négligeable.

 

Une plus grande fermeté
Ce sont donc les familles françaises modestes qui sont les plus touchées par cette nouvelle tendance, évidemment pas les exilés fiscaux hexagonaux venus chercher un peu de quiétude Outre-Quiévrain. La presse belge s'est fait l'écho de plusieurs cas ces dernières semaines celui d'une étudiante installée à Bruxelles depuis 2010, bénéficiaire d'une aide sociale et dont l'administration justifie l'expulsion par une incapacité manifeste de trouver un emploi au vu de sa longue période d'inactivité. A l'origine de ce virage, Maggie De Block une libérale flammande que sa fermeté sur les questions d'asile et d'immigration a rendu plutôt populaire.

 

Un repli qui fait tache
Au siège de la Commission européenne en revanche, on est quelque peu gêné de constater un tel repli au coeur même de l'Europe. La Commission européenne a d'ailleurs diffusé un "mémo" le 25 novembre dernier pour rappeler qu'elle soutenait "la libre circulation des personnes». Dans le même temps, elle a rendu publique les conclusions d'une étude sur le sujet tombant à point nommé. En substance, on y apprend que "dans la majeure partie de l’Union, les citoyens d’autres Etats membres n’ont pas plus largement recours aux prestations sociales que les ressortissants de leur pays d’accueil".

 

Damien Wanner, ARTE Journal