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Attentats de Barcelone et de Cambrils : ce que l'on sait

Pays : Espagne

Tags : attentat, Barcelone

La police espagnole traquait samedi un des derniers membres encore en fuite de la cellule qui a commis les attentats de Barcelone et Cambrils, tous deux revendiqués par le groupe Etat islamique, cellule considérée comme "démantelée" par les autorités. Après l'attentat de Barcelone dont le bilan est de 13 morts et plus de 120 blessés, l'organisation jihadiste a revendiqué samedi celui de Cambrils, qui a fait un mort et six blessés.

Cliquez ici pour retrouver le live de l'AFP, qui retrace le déroulement des faits jeudi.

La correspondante d'ARTE Journal, Marie Bolinches, fait le point sur la situation jeudi soir :

 

Marie Bolinches en direct de Barcelone
Marie Bolinches en direct de Barcelone Marie Bolinches en direct de Barcelone Marie Bolinches en direct de Barcelone

 

Une camionnette a foncé jeudi dans la foule en plein après-midi à Barcelone, la très touristique capitale de la région espagnole de Catalogne. Les Ramblas, promenade piétonne en son centre, est l'avenue la plus célèbre de Barcelone et attire de très nombreux touristes espagnols et étrangers. La zone a immédiatement été fermée par un cordon de sécurité et cinq ambulances et une vingtaine de véhicules de police se trouvaient sur place, a constaté le correspondant de l'AFP.

"Tout à coup, j'ai entendu un bruit de collision et toute la rue s'est mise à courir en criant", a raconté un témoin, Amer Anwar, à la chaîne de télévision Sky News. "Il y a eu comme une mini-bousculade", a renchéri Ethan Spibey, un vacancier, sur la même chaîne.

La zone de l'attentat a rapidement été fermée par un cordon de sécurité. Des blessés ont été emmenés sur des civières vers un grand magasin de la chaîne Corte Inglés, pour recevoir les premiers soins pendant que les survivants ont été confinés dans les magasins et les restaurants qui bordent la Rambla. Des stations de métro et de chemin de fer ont été fermées pendant des heures et n'ont commencé à rouvrir que vers minuit. Aux portes de la ville, des contrôles policiers ont provoqué d'importants embouteillages jusque tard dans la nuit.

 

Un autre attentat "lié" dans une station balnéaire

Six civils et un policier ont été blessés tôt vendredi quand des "terroristes présumés" ont foncé dans la foule dans une station balnéaire de Catalogne (nord-est de l'Espagne), avant d'être abattus par la police, tard dans la nuit. La voiture a fauché des piétons sur la promenade de bord de mer à Cambrils, une ville touristique à 120 km au sud de Barcelone. La protection civile a annoncé vendredi le décès d'une femme, blessée lors de l'attaque.

Les cinq occupants de la voiture ont été tués, ont annoncé les Mossos d'Esquadra, la police régionale de Catalogne. Les Mossos avaient auparavant annoncé avoir abattu "quatre terroristes présumés" mais le cinquième est mort de ses blessures. Certains d'entre eux portaient des ceintures d'explosifs, a ajouté un porte-parole de la police.

"Les terroristes présumés circulaient dans une Audi A3 et ont apparemment renversé plusieurs personnes avant de se heurter à une patrouille des Mossos d'Esquadra et la fusillade a commencé", a annoncé un porte-parole du gouvernement régional. La police a fait savoir sur son compte Twitter qu'elle considérait cette attaque comme liée à celle de Barcelone.

 

La cellule djihadiste "démantelée"

 

Samedi, le ministre de l'Intérieur Juan Ignacio Zoido a affirmé que la cellule djihadiste composée d'une douzaine de personnes était désormais "démantelée", bien qu'un homme, Younès Abouyaaqoub, un Marocain de 22 ans dont la photo a été diffusée, reste recherché par toutes les polices du pays. Il pourrait s'agir, selon les médias espagnols, du conducteur de la camionnette qui a fauché jeudi des dizaines de passants sur las Ramblas, un attentat revendiqué par le groupe Etat islamique dans un communiqué diffusé par son agence de propagande Amaq et relayé par le centre américain de surveillance des sites jihadistes, SITE.

 

A ce stade, quatre suspects sont toujours en garde à vue, cinq ont été abattus à Cambrils et trois autres ont été identifiés, dont Younès Abouyaaqoub. Les deux autres pourraient avoir péri dans l'explosion d'Alcanar, à 200 km au sud de Barcelone, dans une maison remplie de bonbonnes de gaz, où le groupe tentait de confectionner des engins explosifs. Une voiture est également recherchée. La police espagnole a transmis vendredi aux autorités françaises le signalement d'une Kangoo blanche qui pourrait avoir passé la frontière franco-espagnole, d'après une source policière française.

 

Après avoir perdu son arsenal dans la déflagration d'Alcanar, le groupe a dû se réorganiser, selon la police, et a agi de manière précipitée pour mener des attaques, d'une moindre envergure et moins meurtrières que prévu.

 

 

Deuil national de trois jours

Le chef du gouvernement Mariano Rajoy s'est rendu immédiatement à Barcelone, où le gouvernement régional séparatiste prétend faire sécession de l'Espagne. "Nous sommes unis dans la douleur. Mais nous sommes surtout unis par la volonté de mettre fin à cette folie et cette barbarie", a-t-il déclaré à la presse, annonçant un deuil national de trois jours à partir de vendredi.

Le gouvernement français a exprimé sa "solidarité avec les victimes ainsi qu'avec les autorités et le peuple espagnols". Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et la secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Nathalie Loiseau ont exprimé "leur solidarité avec les victimes ainsi qu'avec les autorités et le peuple espagnols", dans un communiqué. Jean-Yves Le Drian a annoncé la mise en place d'un numéro d'urgence au consulat général de France à Barcelone (0034 93 270 30 35), ainsi que celle d'une cellule de crise à Paris, joignable au 01 43 17 51 00. Le ministre des Affaires étrangères a annoncé vendredi matin que vingt-six Français ont été blessés à Barcelone, "dont au moins onze gravement".

Les services d'urgence de Catalogne ont quant à eux communiqué le numéro suivant, destiné à tous ceux qui souhaitent obtenir des informations sur l'attaque de Barcelone :

 

 

Retrouvez le live de l'AFP :