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Autoroutes allemandes : la préférence nationale

Pays : Allemagne

Tags : Autoroutes, Financement

Les autoroutes allemandes vont devenir payantes d'ici deux ans pour les automobilistes étrangers. Une forme de préférence nationale qui suscite un tollé en Europe.

 

Faire payer les automobilistes étrangers pour financer la modernisation des autoroutes allemandes... Voilà qui devrait devenir réalité d'ici 2016 outre-Rhin. À cette date, pour traverser l'Allemagne, tout automobiliste étranger devra s'acquitter d'une vignette payante. Cette idée n’est pas récente. En effet, comme l’explique France 3 Alsace, certains pays comme la Suisse taxent déjà les automobilistes étrangers depuis 1985. 

En Allemagne, la mesure défendue par les conservateurs de la CSU est loin de faire l'unanimité. En effet, comme le relate La Croix, les Pays-Bas et l’Autriche agitent la menace de porter plainte devant la Cour de justice de l’Union européenne (UE) face à une mesure qu'ils jugent discriminatoire. Alors que cette vignette payante doit permettre de dégager 600 millions d’euros par an destinés à la réfection des routes allemandes, ses détracteurs jugent ce gain dérisoire face à l'enjeu. En effet, en 2012, l'État fédéral avait recommandé un investissement de plus de 7,2 milliards d’euros par an pour moderniser les réseaux routiers, ferroviaires et maritimes. Selon Le Monde, 20  % des autoroutes et 41  % des routes nationales allemandes seraient dans un état déplorable. 

 
Les autoroutes françaises : machines à cash

En France, emprunter les autoroutes coûte aussi de plus en plus cher. Selon l’Express, les tarifs des péages auraient augmenté en moyenne de 1,97  % par an entre 2006 et 2013. Plus fort que l’inflation elle-même,  qui était de 1,66  %. Un récent rapport de l’Autorité de la concurrence pointe les dérives de la gestion privée des autoroutes. Pour elle, l'exploitation des concessions autoroutières par les géants du BTP s'apparente à une véritable rente. Plus de 2 milliards d'euros de bénéfice net pour un chiffre d'affaires de 8 milliards d'euros en 2012. Voilà qui n'a pas manqué de susciter l'indignation de nombreuses personnalités politiques comme Ségolène Royal. « Il est quand même très étrange que les autoroutes qui ont été privatisées fassent deux milliards d’euros de bénéfice et que ces deux milliards de bénéfice, qui sont quand même payés par les usagers, ne reviennent pas pour payer les infrastructures dans le cadre du contrat de plan État-régions », a réagi la ministre de l’Écologie et de l’Énergie, en avril dernier. Quoiqu'il en soit, le gouvernement actuel reste engagé dans la privatisation de nouvelles routes comme la rocade de Grenoble, l’A75 et le tunnel de Toulon. 

 

Céline Peschard

Dernière màj le 13 janvier 2017