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Au Mali, un second tour au goût de revanche

Pays : Mali

Tags : élection présidentielle, djihadisme

Le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta est arrivé largement en tête au premier tour de la présidentielle qui s'est tenu malgré les violences jihadistes et communautaires. Il affrontera au second tour son principal opposant, Soumaïla Cissé, comme en 2013.

Il y a comme un air de déjà-vu à l'issue de ce scrutin qui était pourtant aussi attendu que redouté. Le 29 juillet, les Maliens se sont rendus aux urnes pour le premier tour d'une élection présidentielle sous tension. Depuis le précédent scrutin de 2013, le paysage politique a peu évolué, mais la violence dans le pays s’est aggravée.

Après des jours d'attente et de spéculations fiévreuses, les résultats tombent enfin : le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a remporté 41,42% des voix. Le 12 août, il affrontera au second tour son principal adversaire, Soumaïla Cissé, qui a recueilli près de 20% des voix, selon les premiers résultats officiels.

"Grâce à vous, je suis en tête", s'est félicité sur le compte Twitter de sa campagne le président sortant. Mais ces résultats ne lui ont pas permis d'être élu du premier coup. "Pour la première fois dans l'histoire de la démocratie malienne, un président en exercice est contraint à attendre le deuxième tour", s'est félicité Soumaïla Cissé sur Twitter, estimant que le projet de le faire réélire au premier tour avait échoué "malgré la fraude". Pour l'emporter, le chef de l'opposition devra faire le plein des voix des autres candidats. 

L'homme d'affaires Aliou Diallo arrive en troisième position avec 7,95% des suffrages et l'ancien chef de gouvernement de transition (avril-décembre 2012), Cheick Modibo Diarra, complète le quatuor de tête avec 7,46%, loin devant les vingt autres candidats.

A voir : Mali, une élection sous la menace jihadiste

Malgré une participation supérieure à 40%, le scrutin clôt une campagne affectée par une série d'attaques jihadistes. Dans les zones rurales au centre de pays, 700 bureaux de vote sont restés fermés, malgré la mobilisation de plus de trente mille membres des forces de sécurité nationales et étrangères.

La communauté internationale, présente militairement depuis l'opération Serval déclenchée en 2013 contre les jihadistes, attend du vainqueur une relance de l'accord de paix signé en 2015 par le camp gouvernemental et l'ex-rébellion à dominante touareg, dont l'application accumule les retards.

Car en dépit de cet accord, les violences jihadistes ont non seulement persisté, mais se sont propagées du nord vers le centre et le sud du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires.