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Au Liban, l'avenir en danger des jeunes Syriens

Pays : Liban

Tags : Syrie, Réfugiés, Ecole

Le chiffre est vertigineux. Depuis le début des violences en mars 2011, 1,15 million de Syriens ont trouvé refuge chez leurs voisins libanais, selon le dernier recensement des Nations unies. Parmi eux, plus de 600 000 ont moins de 18 ans - et sont ainsi encore en âge d'aller à l'école. Bien que le pays du Cèdre a récemment annoncé le verrouillage de ses frontières, impossible pour le Liban, petit pays de quatre millions d'habitants grand comme l'Alsace, de faire face. Et notamment lorsqu'il s'agit d'assurer l'éducation de ces nouveaux arrivants.

Si les plus chanceux sont venus grossir les rangs des écoles libanaises déjà surpeuplées, si des projets d'écoles mobiles voient le jour dans certains camps de réfugiés informels de la vallée de la Bekaa, le constat demeure sans appel : à l'heure actuelle, l'ONG Save the children estime que deux tiers des jeunes Syriens qui ont fui au Liban ne sont pas scolarisés. 

C'est le cas Louai Aajin, 11 ans, qui demeure à Burj el-Barajneh, un vieux camp de réfugiés palestiniens situé dans la banlieue sud de Beyrouth. Parce que ses parents, frères et soeurs vivent dans le dénuement le plus total depuis leur exil forcé au Liban, Louai est contraint à travailler pour subvenir aux besoins de sa famille. Plutôt que d’apprendre à lire, il livre des narguilés.

Louai, 11 ans et déjà au travail

 

A l’école Tulkarem, l’un des cinq établissements scolaires de Burj el-Barajneh, Farah Nashi Taha enseigne les maths et l’anglais aux réfugiés - alors même qu’elle a étudié la physique et la biologie. Classes surpeuplées, pénurie de professeurs, faibles salaires, élèves traumatisés… dans les camps, enseignant n’est pas franchement le plus beau métier du monde. Mais du haut de ses 23 ans, l’énergique Farah s’accroche. Coûte-que-coûte.

Farah, la prof désespérée

 

Retrouvez les témoignages de Louai, Farah et des autres dans le troisième épisode de notre projet "Réfugiés - Un reportage à jouer", intégralement tourné au sein de ce même camp de réfugiés de Burj el-Barajneh.

 

Dernière màj le 8 décembre 2016