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Attentat de Nice : ce que l'on sait

Pays : France

Tags : terrorisme, attentat, Nice

Au moins 84 personnes, dont dix enfants et adolescents, ont été tuées jeudi sur la Promenade des Anglais à Nice par un camion qui a foncé sur la foule, rassemblée pour le feu d'artifice du 14 juillet. Plus de deux cents personnes ont été blessées, dont cinquante-deux sont entre la vie et la mort. Le président François Hollande a décrété la prolongation de l'état d'urgence, qui devait se terminer le 26 juillet. Selon lui, le "caractère terroriste" de cette attaque "ne peut être nié". De fait, le groupe Etat islamique a revendiqué samedi la tuerie, via son agence Aamaq. Un Conseil restreint de sécurité et de défense a débuté samedi matin peu après 9h à l'Elysée. Immédiatement après ce Conseil, François Hollande a réuni les ministres et secrétaires d'Etat.

Attentat de Nice : ils ont vécu l'horreur
Que s'est-il passé ?

Vers 23h, la foule est rassemblée sur la très populaire Promenade des Anglais pour les traditionnelles festivités du 14 juillet. Le feu d'artifice vient de s'achever quand un camion blanc fonce dans la foule. Il renverse sur une distance de 2 kilomètres les personnes se trouvant sur son chemin. "Il y a eu des coups de feu et le chauffeur a été abattu" par les policiers présents sur place, a raconté le sous-préfet des Alpes-Maritimes, Sébastien Humbert. "C'était le chaos absolu", "des gens hurlaient", "des débris volaient partout", raconte un journaliste de l'AFP présent sur place. "On voyait qu'il voulait faire le maximum de victimes. Il roulait vite. C'était horrible. J'ai vu un père avec son fils de deux ans dans les bras. Le petit était mort", raconte une Niçoise. 

 

Aucune prise d'otage n'a suivi l'attaque, a déclaré le porte-parole du ministère de l'Intérieur Pierre-Henry Brandet, infirmant de nombreuses rumeurs qui ont suivi l'attentat. Un périmètre de sécurité a immédiatement été mis en place à proximité de la Promenade des Anglais totalement bouclée. La place Masséna était elle aussi inaccessible jeudi peu avant minuit.

 

Vendredi vers 1h, la police technique et scientifique procédait aux premières investigations sur le camion, immobilisé devant le Palais de la Méditerranée. Ses pneus étaient crevés et la porte passager criblée d'impacts de balles, a constaté un correspondant de l'AFP. 

François Hollande et Manuel Valls se sont rendus en fin de matinée à Nice, où ils ont rencontré les autorités et les forces de l'ordre locale, ainsi que des rescapés de l'attentat. Au moins dix-sept victimes étrangères ont été recensées, parmi lesquelles deux Américains, une Suissesse, un Russe, une Arménienne et un Ukrainien. Une ligne téléphonique interministérielle d'aide aux victimes et leurs proches a été ouverte par le ministère des Affaires étrangères : le 01 43 17 56 46.

Messages de soutien, déclarations des dirigeants étrangers : notre tour d'horizon des réactions à l'attentat de Nice.

Qui est le tueur ?
L'Etat face au terrorisme

 

Le chauffeur du camion qui a foncé dans la foule jeudi soir à Nice (sud-est de la France), tuant au moins 84 personnes avant d'être abattu par la police, a été "formellement identifié", a-t-on appris vendredi de sources policières. Cet homme est bien le propriétaire des papiers d'identité au nom d'un Tunisien de 31 ans nommé Mohamed Lahouaiej-Bouhlel et domicilié à Nice, retrouvés dans le camion par les enquêteurs. "Plusieurs opérations sont actuellement en cours vendredi matin, notamment à Nice", ont ajouté les mêmes sources. Selon une source policière, l'homme figurant sur les papiers est seulement connu pour des faits de violence. Il faisait l'objet d'un contrôle judiciaire, après une bagarre l'ayant opposé à un automobiliste. D'après le procureur de Paris, il était "totalement inconnu" des services de renseignement. 

Le conducteur était seul à bord du véhicule. Reste à déterminer s'il a bénéficié de complicités dans la préparation des faits. 

Où en est l'enquête ?
Nice, le jour d'après

 

La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête. Les investigations sont confiées aux enquêteurs de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) et de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). L'enquête "s'attachera à déterminer les éventuels liens de Mohamed Lahouaiej Bouhlel avec les organisations criminelles terroristes islamistes", selon le procureur. Elle a été ouverte aux motifs suivants : chefs d'assassinats et tentatives d'assassinat en bande organisée et en relation avec une entreprise terroriste, tentatives d'assassinats sur personnes dépositaires de l'autorité publique en bande organisée et en relation avec une entreprise terroriste, association de malfaiteurs terroriste en vue de préparer des crimes d'atteinte aux personnes.

Attentat de Nice, l'enquête se poursuit

 

Des perquisitions ont été menées vendredi à "deux adresses connues du mis en cause", a précisé le procureur de Paris François Molins. Une voisine a fait état de la présence de policiers d'élite du Raid lourdement armés. 

Un pistolet automatique, une grenade inopérante et deux fusils d'assaut factices ont été retrouvés dans le camion, qui a été loué le 11 juillet dans la région.

Quatre hommes, membres de l'entourage de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, ont été interpellés vendredi et samedi et placés en garde à vue, de même que son ex-épouse.

L'attentat a-t-il été revendiqué ?

 

Peu après 10h samedi, le journaliste David Thomson a relayé cette revendication de l'attentat par le groupe Etat islamique :

 

 

Le choix du mode opératoire et de cette date hautement symbolique évoquent effectivement les consignes de groupes djihadistes comme Al-Qaïda ou l'organisation Etat Islamique. Dans un message audio diffusé en 2014, le porte-parole officiel de l'EI Abou Mohammed Al-Adnani encourageait ceux qu'il nomme "les soldats du califat" à utiliser n'importe quelle arme disponible. A l'image du djihadiste de l'EI Larossi Aballa, qui avait assassiné avec un couteau le 13 juin un policier et sa femme à leur domicile dans la région parisienne. "Si vous ne pouvez pas faire sauter une bombe ou tirer une balle", leur disait-il, "débrouillez vous (...) renversez-les avec votre voiture".

Quelles mesures ont été prises ?

François Hollande a décrété une prolongation de trois mois de l'état d'urgence, qui devait se terminer le 26 juillet après plusieurs prolongations successives. Le chef de l'Etat a également annoncé le recours à plusieurs milliers de citoyens réservistes pour seconder les policiers et les gendarmes très fortement mobilisés depuis 2015 et le maintien "à un haut niveau de l'opération Sentinelle", lancée après les attentats de janvier 2015, rappelant qu'elle mobilisait "dix mille militaires, en plus des gendarmes et des policiers". Ce dispositif devait initialement passer à sept cents militaires parès l'Euro de football. Un conseil restreint de sécurité a également eu lieu vendredi matin à l'Elysée. "Nous n'en avons pas terminé" avec le "terrorisme" a expliqué le chef de l'Etat.

 

"Rien ne nous fera céder dans notre volonté de lutter contre le terrorisme et nous allons encore renforcer nos actions en Syrie comme en Irak", a également déclaré François Hollande, promettant de "frapper ceux qui justement nous attaquent sur notre propre sol, dans leurs repères"

Le plan Vigipirate a été relevé au niveau "alerte attentat", l'échelon maximum, dans tout le département des Alpes-Maritimes.

Quels événements ont été annulés ?
Attentat de Nice : les réactions politiques
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A Nice, l'horreur : notre revue de presse.

La 13ème étape du Tour de France, prévue vendredi après-midi, a été maintenue mais son caractère festif est suspendu, a annoncé vendredi matin son directeur Christian Prudhomme. Le dispositif de sécurité a été renforcé sur le parcours entre Bourg-Saint-Andéol et la Caverne du Pont-d'Arc. La caravane publicitaire devait être silencieuse, tandis qu'une minute de silence devait être observée tant au départ qu'à l'arrivé.

Plusieurs feux d'artifice, notamment à Marseille, Chambéry et Porto-Vecchio, ont été annulés. Plusieurs festival ont annulé tout ou une partie de leur programmation pendant les trois jours de deuil national : le festival Jazz à Juan de Juan-les-Pins, le spectacle d'ouverture du Festival des jeux du théâtre de Sarlat,  les concerts vendredi du festival Nuits du Sud à Vence.

Le concert de la chanteuse Rihanna, qui devait se produire vendredi à Nice, a également été annulé.

 

Trois jours de deuil national

 

Un deuil national de trois jours a été décrété, de samedi à lundi, où une minute de silence sera observée à midi, dans tout le pays. Un mémorial a été improvisé sur les lieux du drame, devenus lieux de recueillement depuis que la Promenade des Anglais a été, en partie, rouverte.

Nice : recueillement national

 

 

Dernière màj le 16 juillet 2016