|

Assassinat de l'opposant russe Boris Nemtsov

Pays : Russie

Tags : Boris Nemtsov, Assassinat, Vladimir Poutine, Opposition

A 23h15, heure de Moscou, le vendredi 27 février 2015, l'opposant et ancien vice-Premier ministre Boris Nemtsov, 55 ans, a été tué par balles devant les murs du Kremlin.

 

A peine quelques heures avant d'être assassiné, Nemtsov avait appelé les citoyens russes sur l'antenne de la radio indépendante Echo de Moscou à manifester dimanche contre "l'agression de Vladimir Poutine" en Ukraine et pour l'arrêt de la guerre dans l'Est séparatiste prorusse.

"La décision a été prise d'annuler la manifestation et d'organiser à la place une marche dans le centre de Moscou à la mémoire de Nemtsov", a déclaré l'un de ses compagnons de lutte dans l'opposition, l'ancien Premier ministre de Vladimir Poutine Mikhaïl Kassianov.

 

Premiers éléments d’enquête

Selon un communiqué du Comité d'enquête russe "il ne fait aucun doute que ce crime a été minutieusement planifié, tout comme le lieu choisi pour le meurtre, sur le Grand pont de pierre, juste à côté du Kremlin". Plus le loin, le

communiqué ajoute : "selon toute vraisemblance, l'arme qui a été utilisée est un pistolet Makarov, une arme de poing en service dans les forces de police et l'armée russe et par conséquent très répandue". Avant de conclure : "Boris Nemtsov se rendait avec sa compagne à son appartement, qui est situé non loin du lieu des faits. Il est évident que les organisateurs et les auteurs de ce crime étaient informés de son trajet".

 

Réactions et suppositions

Les dirigeants occidentaux et l'opposition en Russie dénoncent l'assassinat choquant de l'opposant, tandis que le président Vladimir Poutine et ses alliés évoquent de leur côté une "provocation" contre le Kremlin visant à "déstabiliser le pays".

Au-delà du crime politiquement motivé, les autorités disent aussi étudier la piste islamiste  -Boris Nemtsov ayant reçu des menaces suite à son soutien à Charlie Hebdo après les attentats de Paris début janvier. Et également la piste d'un assassinat lié au conflit ukrainien…

Les internautes russes sont pour leur part nombreux à citer une interview accordée début février par Boris Nemtsov au site internet Sobessedniki.ru, dans laquelle il avouait craindre pour sa vie à cause de ses prises de position contre Vladimir Poutine.

Ces dernières années, plusieurs opposants au Kremlin ont été tués en Russie, notamment la militante des droits de l'Homme Natalia Estemirova en Tchétchénie en 2009, l'avocat Stanislav Markelov et la journaliste Anastasia Babourova à Moscou la même année, ou la journaliste Anna Politkovskaïa en 2006. Les exécutants ont parfois été arrêtés et condamnés mais pas les commanditaires.

 

En décembre 2014, ARTE a interviewé Boris Nemtsov. Dans l'entretien il défend ses options politiques avec énergie et passion. Ses réponses fusent, sans équivoque, parfois teintées de provocation. Y compris sur des sujets délicats comme la propagande russe et les sanctions contre la Russie :     

 

Dernière màj le 8 décembre 2016