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Anish Kapoor à Versailles : les inscriptions antisémites ne seront pas retirées

Pays : France

Tags : Versailles, Anish Kapoor

"Dirty Corner", l'oeuvre d'Anish Kapoor, a été vandalisée une seconde fois alors qu'elle était exposée dans le parc du château de Versailles. En guise de soutien, François Hollande a décidé de recevoir l'artiste britannique à l'Elysée. Et contre toute attente, l'artiste a décidé de laisser les inscriptions antisémites apparentes. 

"La reine sacrifiée, deux fois outragée", "SS Sacrifice Sanglant", "le deuxième viol de la Nation par l'activisme juif devant" ou encore "Juifs tradis et Kabbalistes : ce taré vous met en danger". Voilà les inscriptions que l'on peut lire sur les différentes parties qui composent l'œuvre de l'artiste britannique Anish Kapoor, "Dirty Corner", vandalisée dimanche dernier.

Reçu ce mardi soir à l'Elysée par le président François Hollande, l'artiste britannique a décidé de laisser ces inscriptions en place et explique dans une interview au Figaro que "désormais, ces mots infamants font partie de mon œuvre, la dépassent, la stigmatisent au nom de nos principes universels. Et je préfère écouter cette petite voix qui me dit d'oublier l'artiste et de penser au citoyen. "Dirty Corner" restera donc ainsi, de notre décision commune, et se montrera ainsi aux visiteurs et aux touristes de Versailles. Je défie désormais les musées du monde de la montrer telle quelle, porteuse de la haine qu'elle a attirée. C'est le défi de l'art". 

Cependant, une polémique fait rage : peut-on laisser ces inscriptions antisémites sur l'œuvre, à la vue de tous ? En effet, en France, les propos antisémites et racistes sont interdits par la loi. Interrogé par Libération, Nicolas Hervieu, juriste au Centre de recherches et d’études sur les droits fondamentaux explique que, pour ce genre d'affaires, le juge "prend en compte l’intention de celui qui l’a prononcé ou qui a pris la responsabilité de sa diffusion". On imagine donc mal un juge aller contre la volonté de l'artiste qui ne veut, ici, que dénoncer les attaques dont il a été victime. 

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De son côté, la ministre de la Culture soutient totalement la décision d'Anish Kapoor. Quelques heures après avoir découvert l'oeuvre vandalisée, Fleur Pellerin avait déjà affiché son soutien sur Twitter.

 

 

Quant à la volonté de l'artiste de laisser les inscriptions sur son "Dirty Corner", la ministre fait preuve de compréhension : "C'est le choix de l'artiste. Le choix de montrer que certains ont aujourd'hui un problème avec la liberté de création." Dorénavant, des panneaux explicatifs seront positionnés à côté de l'œuvre afin d'expliquer la présence de ces tags.

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