|

Vers un nouveau mandat pour Angela Merkel

Pays : Allemagne

Tags : grande coalition, crise politique, Chancelière allemande, Angela Merkel, CDU, SPD

Presque quatre mois après les élections fédérales, l'Allemagne pourrait bientôt former un nouveau gouvernement. Vendredi 12 janvier, la chancelière sortante, Angela Merkel, s'est félicitée du compromis trouvé avec le SPD de Martin Schulz, qui devrait lui permettre de rester au pouvoir pour quatre années de plus.

L'Allemagne s'apprête à sortir d'une crise politique inédite : après de longues semaines de discussions, la CDU/CSU d'Angela Merkel a obtenu vendredi 12 janvier un accord "de principe" pour la constitution d'un nouveau gouvernement de grande coalition avec le Parti social-démocrate (SPD) de Martin Schulz. La chancelière conservatrice a appelé de ses voeux "la constitution d'un gouvernement stable" pour les prochaines années dans son pays.

 

Les élections législatives de septembre, marquées par un repli des partis traditionnels et une percée de l'extrême droite, n'ont en effet pas permis de dégager de majorité évidente à la chambre des députés. Après avoir d'abord tenté sans succès à l'automne de forger un gouvernement avec les Libéraux et les écologistes, Angela Merkel n'avait plus le choix: elle devait trouver un accord avec le parti social-démocrate. Au risque, sinon, de voir sa carrière menacée après douze ans à la chancellerie.

 

Le compromis de vingt-huit pages finalement obtenu entre démocrates-chrétiens de la CDU et de la CSU et sociaux-démocrates doit encore être validé par les partis. Il dresse les grandes lignes des objectifs du possible gouvernement de coalition et doit ouvrir la voie à des négociations cette fois détaillées sur la politique qui sera suivie. Un processus qui devrait prendre des semaines.

Dans l'immédiat, les deux familles politiques, qui ont déjà gouverné ensemble dans la coalition sortante (2013-17), ont mis l'accent sur l'Europe.

 

"Un nouveau départ de l'Europe"

 

Angela Merkel a promis devant la presse de contribuer à "un nouveau départ de l'Europe" aux côtés de la France, au moment où le projet européen est fragilisé par le Brexit et la montée des tendances nationalistes sur le continent.

Le chef de l'Etat français Emmanuel Macron attend toujours une réponse aux propositions qu'il avait faites à ce sujet fin septembre, et qui concernent en particulier une réforme de la zone euro.

 

La politique migratoire a été aussi pendant longtemps un point de discorde dans les négociations. Au final, les deux camps ont convenu de limiter le nombre annuel de demandeurs d'asile dans le pays à entre 180.000 et 220.000, ce que souhaitaient les conservateurs. L'Allemagne a accueilli plus d'un million d'entre eux entre 2015 et 2016, ce qui a valu à Angela Merkel beaucoup de critiques et a permis à l'extrême droite de percer dans l'opinion.

 

Des incertitudes demeurent 

 

Mais en dépit du compromis de vendredi, rien n'est encore définitif. Côté social-démocrate, la décision d'entrer dans un nouveau gouvernement de coalition avec les conservateurs devra aussi recevoir le feu vert des délégués du parti lors d'un congrès extraordinaire le 21 janvier, à l'issue très incertaine. Puis au bout du processus des militants lors d’une consultation interne.

 

Dans le meilleur des cas, un nouvel exécutif ne sera en place que fin mars, alors que toute l'Europe s'impatiente.

La base du SPD peut donc encore tout faire capoter. Car elle reste très sceptique à l'idée de servir à nouveau d'appoint aux conservateurs.

 

Dernière màj le 12 janvier 2018