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Allemagne, le retour du charbon

Pays : Allemagne

Tags : Europe, Charbon

Cette semaine Vox Pop vous emmène en Allemagne pour un sujet sur le retour du charbon. Une énergie peu chère qui inquiète les écologistes.

 

Quand le charbon prend le relais

Au lendemain de la catastrophe de Fukushima en 2011, Angela Merkel a pris une décision radicale. Celle de sortir du nucléaire au plus vite. Pour ce faire Berlin s'est fixé un objectif clair : fermer le vingtième et dernier réacteur nucléaire allemand d'ici 2022. Pour l'heure, déjà huit réacteurs ont été mis à l'arrêt. En Allemagne, le paysage énergétique est en train de se recomposer. La fermeture progressive des centrales nucléaires pousse les principaux producteurs d'électricité, comme RWE, à se tourner vers d'autres sources d'énergie. Les éoliennes ? Les panneaux solaires ? Pas assez rentables. Et voilà que l'extraction de charbon connaît un regain d'intérêt pour le moins inattendu. En 2013, la production d’électricité grâce au charbon a en effet atteint son plus haut niveau depuis la Réunification, explique le journal Le Figaro. Aujourd’hui, 45 % de l’électricité allemande est ainsi produite grâce au charbon.

 

L’Allemagne, championne de la pollution

Avec 760 millions de tonnes de CO2 générées en 2013, l’Allemagne est le plus gros pollueur de l’Union européenne. En cause, le charbon justement. Un rapport intitulé «  Europe’s Dirty 30 » présenté par l’association de défense de l’environnement WWF, dresse « le palmarès » des trente centrales à charbon les plus polluantes d'Europe. Parmi elles, près d'un tiers se trouve en Allemagne. L’étude montre par ailleurs que les principaux utilisateurs de ces centrales à charbon, notamment l’Allemagne et le Royaume-Uni, « affaiblissent les ambitions climatiques de l’Union européenne » et empêchent l’Europe de réduire ses émissions de gaz à effet serre.

 

Quand un village meurt

Ce n’est pas seulement l’environnement qui souffre de l’expansion du charbon. Pour l’extraire, des milliers d'allemands ont été déplacés. Immerath, situé en Rhénanie-du-Nord Westphalie est ainsi devenu un village fantôme. Aujourd'hui presque toutes les maisons sont abandonnées, dans cette localité qui comptait encore il y a peu, près de 1 500 habitants.  Car bientôt les bulldozers du groupe RWE finiront de raser le vieux village pour faire place à une mine à ciel ouvert. Après plusieurs années de bataille juridique, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe a finalement autorisé le déplacement des villageois. Ceux-ci devront quitter leur maison au plus tard en 2017. Une zone d'habitation flambant neuve, baptisée Immerath-nouveau (en allemand : Neu-Immerath) a été construite pour les accueillir. Elle est située à huit kilomètre de leur ancien village vieux, lui, de 700 ans.


Nadine Ayoub

 

Dernière màj le 13 janvier 2017